Un blog dédié aux femmes

La tristesse des femmes …

Lettre-noemie
21 Août 2014

La tristesse des femmes …

Par Maïtie Trélaün dans Noemie

Les femmes portent en elle une infinie tristesse dont elles ignorent l’origine. Elles ont souvent peur d’être aspirée par elle, alors elles s’accrochent à la joie… mais c’est souvent une joie de surface et elles n’en sont pas dupes… Que faire de cet océan de tristesse ?

Montpellier,
le 20 août 2014

J‘aime ce que tu dis Manoue : je suis précieuse à la vie ! Waouh ! Au fond, j’le sais, mais il y a un espace en moi qui a le doute. Tu sais un peu comme si je m’étais trompée d’aiguillage et que je suis pas à la bonne place. Du coup, je passe mon temps à déranger, à gêner. C’est comme si autour d’une table où il y a 6 chaises avec 6 personnes assises, je suis la septième et j’ai pas de place. J’me demande ce que je fous là. J’ai l’impression d’être en trop et pourtant je sais que je suis précieuse, je sais que j’ai une place. Alors je la cherche…

Si je retiens mes larmes, l’océan s’agite avec toute sa puissance

Du coup j’observe les gens, j’observe les femmes puisque je suis l’une d’elles. Mais, elles me donnent pas envie. Je les sens toutes fermées, avec un sourire sur la devanture et un fourmillon de larmes derrière. Une tonne de barrières cachent les larmes secrètes des femmes. Les hommes c’est pas pareille : ils ont des larmes mais elles sont juste là, sur l’instant ; ils les stockent pas.
Pourquoi c’est pas bien d’être triste ? Pourquoi faut pas laisser couler ses larmes ?
Je sens en moi cette tristesse, comme si j’avais quelque part un océan de larmes au fond de mon ventre. Il est important pour moi, il me donne une stabilité, un calme comme quand je regarde l’océan. J’imagine que je viens parfois m’asseoir devant cet océan intérieur et je le contemple … je ne m’y baigne pas … je ne m’apitoie pas … : il m’enseigne. Il me montre le chemin du cœur du cœur, ce lieu où je ne rentre qu’en silence, où j’ai parfois peur d’aller parce qu’il me demande d’être tellement simple, d’être juste moi, totalement nue : c’est un espace où je ne peux pas mentir (ni à moi, ni au monde).
Je peux pas y accéder si je cache l’océan, ou si je le contourne pour faire comme s’il était pas là. Je peux que passer par lui, m’ouvrir à lui, partout partout et alors je rentre dans cette espace qui est ma perle d’amour. Je suis toute amour, et en même temps si simplement amour.
La tristesse avec ses larmes ouvre le chemin comme une rivière.
Quand je pleure c’est parfois juste parce que l’océan a envie de voir le jour : il affleure, il arrose mes fleurs qui poussent à la lumière, il leur parle du mystère de l’intérieur, de là où plongent leurs racines. Il me parle de mon origine, de cette perle d’amour que je suis, il m’appelle à m’y ressourcer.
Si je retiens mes larmes, l’océan s’agite avec toute sa puissance et c’est parfois la tempête avec l’orage, la rage, les éclairs. Une tempête intérieure qui mobilise toute mon énergie et m’aspire comme un syphon. Parfois une tempête extérieure qui me libère comme une tornade… Mais, du coup, il y a plein d’océan qui a jailli à l’extérieur. Je suis vidée, lessivée, … C’est pas comme ça que j’arrive à ma perle d’amour et en plus j’ai l’impression de perdre des unités de vie comme dans les jeux vidéo et c’est pas facile d’en retrouver.
Je sens que mon océan peut m’aider à prendre ma place, mais j’ai pas encore trouvé comment… je vous dirai.
Vous la sentez cette tristesse en vous ? Qu’est-ce que vous en faites ? C’est quoi vos astuces…

Et toi Camille, t’en es où avec cet autre mer intérieure qui grandit en toi ?

Bises

Noé

Étiquettes : , ,

  • Fleur 23 août 2014 at 21 h 22 min / Répondre

    Cette tristesse c’est comme un voile toujours là en trame de fond. Quand je suis joyeuse et légère, elle est derrière et m’apporte une forme de sagesse qui me pose et m’aide à rester ancrée. C’est dur d’aller dans la vague quand la tristesse prend le dessus, dur d’accueillir que les larmes montent quand on est face à ses enfants et qu’on a l’impression qu’il faut “garder la face”… quelle bêtise… Finalement je ne suis bien que quand je prends ma tristesse dans les bras et que je la laisse être, aller et venir, libre…

    • Maitie 27 août 2014 at 17 h 15 min / Répondre

      J’aime te lire et je savoure cette image de prendre la tristesse dans ses bras pour la laisser être. Merci à toi de ces mots…

Laissez-nous vos commentaires