Un blog dédié aux femmes

L’oeil du cyclone

Lettre-Noemie2
21 Jan 2015

L’oeil du cyclone

Par Maïtie Trélaün dans Noemie

On a l’impression que la vie va en s’accélérant et nous fait courir de plus en plus au risque d’en perdre le souffle. Et s’il était possible de revenir au centre, qu’est-ce que cela donnerait ? Noémie, avec sa poésie, nous partage ses images fantastiques… Et vous, quelles sont les vôtres ?

Montpellier,
le 21 janvier 2015

Bonnes années à vous les miss

T‘es folle Manoue de penser déjà au prochain Noël. Hey, respires ! C’est juste le printemps qu’y arrive même s’il est sous la neige aujourd’hui !

Je suis l’œil du cyclone de ma vie…

On est déjà en 2015, la roue du temps court à donf… J’ai peur de perdre les pédales ! C’est marrant parce qu’en ce moment je suis attractée (je sais pas si ça se dit) donc attirée au max par les trous noirs : une méga fascination ! Et en plus y’en a dans plein de films. Ca me fait frissonner quand j’en vois un. Et j’ai l’impression que ma vie c’est ça, comme si je me faisais happer par cette puissance, cette accélération… Inutile de lutter !

Pour moi, ce qui ralentit le temps, c’est quand je vis mon cycle pas à pas. C’est comme si ça s’accélérait autour de moi et que mon cycle marque un tempo plus lent, même plus lent que mon cœur c’est peut-être comme le cœur de la Terre. En fait, j’ai la sensation qu’il me maintient au centre même si je suis dans le trou noir et en même temps il m’ancre à l’Univers avec la Terre, la Lune et moi.
Quand je l’écoute, il m’amène une respiration, une certaine sagesse. Il pulse ses périodes où j’ai la pèche et ses périodes qui sont en creux, ses périodes où j’ai envie de sortir et celles où j’ai envie de me nicher. Ca roule, ça peut pas se rompre, ça peut pas me lâcher… C’est mon repère dans la fougue, c’est mon île dans la tourmente, c’est mon ancre quand je m’envole, c’est mon ballon d’oxygène quand je m’enterre… C’est hyper rassurant ! Par contre, je comprends tes questions Manoue, car ça doit être flippant quand ça s’arrête… un peu comme si tu perdais un compagnon de route qui t’a accompagné pendant 40 ans.

Et ce que j’adore, quand la vie va trop vite, c’est de souffler un bon coup comme pour plonger en apnée. Et je me laisse couler jusqu’à un point où j’ai l’impression d’être au centre de mon cycle, au centre du monde. C’est l’œil du cyclone et c’est calme. Alors que tout bouge partout, tout est plein et ça respire à cet endroit. J’ai l’image de Yoda, je suis sûre qu’il est à cet endroit quand il parle. C’est comme si je voyais ma vie et toutes les intrications de moi avec l’extérieur et avec l’intérieur (mes pensées, mes émotions, mes circuits sanguins et autres…). Je vois tout, et je vois où ça va et je peux choisir d’aller ailleurs comme si j’incurvais un peu la courbe.

Par exemple hier j’étais une boule de piquants. Je sentais que tout allait trop vite et j’en pouvais plus, je commençais à m’affoler, ma mère allait rentrer en étant stressée (et ça j’en peux plus), James allait vouloir qu’on se voit, j’avais mes devoirs et très envie de prendre un bain en paix mais j’aurai pas le temps.
J’ai eu le déclic et je me suis laissée couler en soufflant. J’ai vu la carte de l’instant et tout ce qui allait s’enclencher si j’étais énervée avant que ma mère rentre. J’ai vu que le plus important était de prendre un bain. Alors j’ai incurvé la courbe : j’ai laissé un mot à ma mère avec un petit poisson dessiné… Vous savez, les poissons ! C’est génial ce truc, je l’ai trouvé sur un blog. J’ai laissé un SMS avec pleins de bisous à James en lui disant que j’étais pas dispo mais que je le serai demain. J’ai mis ma musique dans la salle de bain, ma bougie, mon encens, un petit thé… et plouf dans l’eau parfumée ! Le pied !
Du coup, quand je suis sortie de la salle de bain, maman était tout sourire, James m’avait laissé un gros “Je t’aime” avec plein de cœurs, j’étais disposée à faire mes devoirs… et j’ai mis 1/2 heure à les faire alors que d’habitude j’an ai pour 3 fois plus de temps. J’en revenais pas. C’est comme si j’avais arrêté la course du temps.
Et en plus, j’étais déjà toute excitée à l’idée de voir James tout à l’heure.

Je suis l’œil du cyclone de ma vie… C’est géant !

Allez, à toi Cam… j’ai hâte de savoir si tu te perds pas dans les couches !

Kiss Kiss

Noémie

Laissez-nous vos commentaires