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Les femmes de ma lignée

Lettre-Noemie3
26 Mar 2014

Les femmes de ma lignée

Par Maïtie Trélaün dans Noemie

 

Retrouver le sens de notre lignée pour renouer avec nos racines. Noémie fait le pas de questionner sa mère pour qu’elle lui parle de ses ancêtres aussi loin qu’elle s’en souvient. Elle y retrouve un arrière-grand-mère qui est très proche d’elle.

  

 

Montpellier
le 26 mars 2014

 

Hy les miss !

 

Forts forts tous vos mots, c’est d’l’acier ! C’est en même temps plein de chaudoudous!

 

J’aurais trop kiffé d’avoir une mère comme toi Manoue. Elle a d’la chance Marion. Camille, j’te vois un peu comme ma sœur, celle que j’ai toujours rêvé d’avoir. C’est pas avec mon frère Johann que j’peux parler d’tout ça.

 

 Elles sont là et m’encouragent à avancer, à faire autre chose que ce qu’elles ont fait

Tu m’as donné une idée Manoue: du coup j’ai questionné ma mère sur sa mère Mamilou et sa grand-mère. Ça a été un temps trop cool : elle m’a sorti des vieilles photos et même des bibelots qu’elle garde dans un coffret en bois. J’lui ai demandé d’me raconter leur vie, leur caractère, leur histoire pour savoir d’où j’viens.

 

C’est trop fou comme ça me parlait de moi. La mère de Mamilou, elle adorait monter à cheval, comme moi, et elle se faisait rouspéter car elle montait comme un garçon. C’est pas ça qui l’a empêchée de continuer. C’est sa mère, donc mon arrière grand-mère, qui jouait du violon comme moi. Elle l’avait fait alors que toute sa famille se moquait d’elle car c’est pas avec ça qu’elle allait élever ses mômes. Pourtant elle a pas arrêté. On dit qu’elle était bonne à rien … j’trouve ça fou !

Mamilou adorait l’entendre jouer, elle a d’ailleurs gardé son violon. Je savais pas que ma mamie avait pleuré la première fois qu’elle m’a vu prendre un violon. Elle a voulu me donner celui de sa grand-mère mais mon père lui a interdit et ma mère a rien dit. Du coup je sais pas ce qu’on en a fait après sa mort. J’ai envie de le retrouver et d’en jouer. C’est comme si je restaurais ainsi la place d’une femme dans ma lignée.

 

Ce temps avec ma mère, m’a rapproché d’elle et puis maintenant j’ai l’impression d’avoir des femmes derrière moi, les femmes de ma lignée : j’ai renoué avec mes aïeux comme dit ma mère. J’peux plus me sentir seule ou abandonnée. J’ai réalisé que j’étais tout devant comme à la proue d’un navire, que j’ouvrais un chemin, mon chemin et qu’en même temps ça profitait à toutes ces femmes. Elles sont là et m’encouragent à avancer, à faire autre chose que ce qu’elles ont fait : ça me booste.

 

Ce que j’sens chez elles, c’est qu’elles sont fortes, qu’elles se plaignent pas, qu’elles sont rudes, de la rudesses de le terre. J’ai cette force en moi, mais j’ai pas la notion du sacrifice qu’elles avaient, j’peux pas faire les choses par devoir, j’y arrive pas. J’supporte pas les obligations. Par contre, quand j’aime, j’me donne à fond.

 

C’est comme si la sensibilité de cette arrière grand-mère avec son violon avait ouvert une veine jusqu’à moi, une veine de poésie comme un p’tit chemin plein de fleurs au milieu des rochers ardus des obligations. Du coup, j’me sens proche d’elle et j’ai souvent l’impression qu’elle est là avec moi, comme si elle me souriait. Elle me donne confiance en moi. Quand ma mère me dit qu’il faut que je fasse ça et que j’ai pas envie, mon arrière grand mère me sourit et je sais que j’ai pas à le faire.

 

Je sais pas pourquoi mais je sais que j’ai raison. Quand j’vois ma mère, j’ai pas envie de d’venir comme elle : elle rit plus, elle joue plus. J’la vois terne. Elle passe son temps à courir, à faire pleins d’choses et elle prend pas le temps de vivre. Moi j’préfèrerais qu’elle se fasse plaisir plutôt que d’avoir du linge nickel ou d’avoir un super repas. J’ai l’impression que toutes les femmes de ma lignée elles se sont coupées les ailes pour trimer au quotidien… Moi j’suis pas OK de toucher à une seule plume de mes ailes… Mais peut-être que c’est pas possible dans ce monde !

 

James il est d’accord avec moi… alors C qu’on va y arriver !

 

Camille j’te renvoie la balle… alors ?

 

Kiss

 

Noémie

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