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Je le rejette et pourtant je l’aime

Lettre-Noemie3
15 Avr 2015

Je le rejette et pourtant je l’aime

Par Maïtie Trélaün dans Noemie

Il arrive parfois que l’on rejette le contact de l’autre même si on l’aime. Il se sent rejeté, on se sent mal à l’aise, on se ferme… Et comment ouvrir de nouveau ? Comment retrouver le lien à l’autre ? Noémie nous partage ce qui se cachait pour elle dans ce rejet…

Montpellier,
le 15 avril 2015

Hey !

C‘est chouette ce que tu racontes Manoue. J’aurais jamais pensé que c’était difficile pour une mère de revenir à son corps de femme… Et j’aime bien ton idée de territoire car je me rends compte que parfois, j’ai pas envie que James y foute ses mains n’importe où… C’est pas que je le rejette, c’est que ces parties de moi, elles ont envie d’être seules ou elles ont peur.

C’était un grand “Je t’aime” à moi, à James et à l’univers !

Et c’est vrai que James, y se sent rejeté alors que je l’aime, mon cœur il est ouvert pareil et  j’ai aussi besoin de contact avec lui… mais pas partout.

Y m’dit que quand je fais ma sauvageonne je suis intouchable ! C’est à la fois vrai et faux : je suis juste pas touchable comme d’habitude. J’ai l’impression d’être hypersensible et que le moindre mouvement peu m’effrayer. Si je suis effrayée, je m’enferme, je me coupe de moi et des autres et ça fait mal. C’est comme si je captais plein de choses mais que je savais pas quoi faire de ça, comme si j’étais hyper fragile. Et si je ferme… j’étouffe !

C’est des moments où j’aurais besoin de me blottir contre lui, de sentir l’odeur de sa peau, de m’abandonner dans ses bras pour qu’il me contienne et que je puisse m’ouvrir.
C’est comme si le moindre contact, le moindre mouvement désarçonnait toutes mes cellules. Je peux pas gérer… c’est affolant !

Au début, je savais pas quoi faire. Je m’enfermais, je voulais voir personne et surtout pas James… et je me sentais rejetée, pas aimée, pas comprise, pas entendue… J’avais l’impression de rien y comprendre, de pas savoir aimer… de pas être capable d’aimer. Je m’en voulais de rejeter James. J’avais honte. Je me sentais pas normale… J’étais perdue !

Et puis un jour où j’ai repoussé James qui voulait me prendre dans ses bras… J’lui ai dis “attends, reste-là et surtout ne fais rien !”

Et j’ai écouté ce qui se passait dedans moi. J’ai senti une boule de peur dans mon ventre et un appel désespéré dans mon cœur comme une petite fille qui tendait ses bras vers sa maman qui ne la voit pas !
Alors j’ai respiré et j’ai partagé ça à James. Il était tout dépité à pas savoir quoi faire. J’lui ai redis “reste-là !”.

J’ai posé mes mains sur ma boule dans mon ventre avec quelque chose de très maternel, très doux dans mes mains. Et puis j’ai dit à ma petite fille qu’on allait voir James. Du coup ça c’est calmé dedans moi. Et j’ai senti que j’étais connectée à beaucoup plus grand que moi, comme si j’étais immense.

Du coup je me suis rapprochée de James. Je voyais des larmes dans ses yeux… Je sais pas ce qu’il voyait mais je me sentais “divine” avec l’évanescence du divin. Et plus je m’approchais de lui et plus c’était puissant. J’ai même pu venir au contact, sentir son ventre, ses pecs… et même son sexe. C’était bon, mais c’était pas du désir, c’était pas du sexe ! C’était tellement plus grand !

Et je lui ai dit de me prendre par les épaules, puis de me prendre dans ses bras sans trop serrer. Il fallait qu’il reste bien droit… C’était moi qui venait me blottir.

Et là, ma petite fille c’est mise à sucer son pouce; la boule de mon ventre est devenue un soleil. Je me sentais protégée et en même temps tellement vaste.

James m’a dit après qu’il avait jamais ressenti ça, qu’il s’était senti plein, puissant et que son cœur était immense.

Et dire que c’était tout ça qui était caché dans mon rejet… C’était un grand “Je t’aime” à moi, à James et à l’univers !

Peut-être que c’est pareil pour toi Cam, que t’es comme un papillon tout juste sorti de sa chrysalide.

Kiss, kiss

Noémie

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