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J’ai rencontré mes menstrues

Lettre-Noemie2
17 Déc 2014

J’ai rencontré mes menstrues

Par Maïtie Trélaün dans Noemie

De nombreux tabous entourent les menstrues les assimilant à quelque chose d’impur. Pourtant ce liquide hautement nourricier était conservé pour ses vertus guérisseuses entre autres. Quel rapport avons-nous avec nos menstrues ?

Montpellier,
le 17 décembre 2014

Hey !

Qu’est-ce que tu te poses comme questions Manoue… J’ai l’impression que tu te compliques la vie avec ces prises de tête ! Pour moi, ça veut rien dire vieillir… ce qui compte c’est vivre ! Quand tu sens que tu vieillis c’est pas que tu vis, c’est que tu survis. Et bizarrement quand on survit, j’ai l’impression qu’on est sous la vie, pas dessus.

Je suis si petite… et là… j’étais si grande !

J’vais vous partager un truc, j’peux pas le partager avec d’autres… même pas avec ma mère ! Sniff !
Je suis allée à la rencontre de mes menstrues, du sang de mes règles. C’est fou comme au début j’avais l’impression que c’était  sale,  honteux. Et en même temps j’étais curieuse, un peu comme une petite fille qui a cette innocence et cette curiosité simple. Mais je la repoussais, j’voulais pas l’écouter.
Et puis, hier, j’ai eu mes règles et j’ai écouté… J’ai écouté ce liquide chaud qui coulait. Je suis allée sous la douche pour laisser couler librement et en même temps j’avais l’eau qui me rassurait. Alors, j’ai senti ce liquide glisser dans mon vagin comme une caresse. Puis je l’ai senti sur mes cuisses ; c’était pas comme l’eau, c’était plus épais, plus lent. C’est comme si c’était la lave de mon utérus.
Du coup, j’ai arrêté l’eau et j’ai touché avec mes mains. C’est fou, j’étais émue parce que j’y allais pas comme d’hab pour me nettoyer, j’y allais pour faire connaissance.
C’était soyeux sous mes doigts. J’ai eu envie de jouer avec, alors j’ai dessiné sur mes jambes en revenant à la source à chaque fois. Je dessinais sans jamais lâcher le contact. Je revenais à la source régulièrement comme un rituel. Je ne sais pas combien de temps cela a duré. J’ai fini au bout du gros orteil. Et c’est fou la sensation que j’avais : ça circulait dans mes jambes comme c’est pas possible. J’avais l’impression d’être branchée à la Terre en directe, comme si cette texture ouvrait une porte. C’était d’une puissance incroyable !
Je sentais mon sexe ouvert, cette texture lourde de sa richesse qui coulait et qui pulsait sur ma peau partout où j’étais passée ! J’avais l’impression d’être connectée aux femmes, aux femmes tribales, aux femmes de la Terre.
En séchant, j’avais l’impression de sentir l’écorce de mon arbre et en même temps je sentais mieux la sève qui coule. Comme si ma puissance était décuplée parce qu’elle était contenue, elle avait une direction, elle s’élançait dans l’univers… C’était dingue ! Je suis si petite… et là… j’étais si grande !
C’est avec une belle attention que j’ai mis de l’eau, j’ai pas eu envie de me savonner… Alors je suis restée comme ça. Ma peau sur les jambes n’était pas comme d’hab, elle est restée douce et j’aimais son odeur. elle me rappelait l’odeur de la terre chargée d’humus quand je me ballade dans la forêt.
Je souris maintenant quand je sens mon sang couler. J’ai pas envie de le mettre dans une serviette ou un tampon… J’ai l’impression qu’il est trop précieux pour cela. Alors, je vais voir ce que je vais faire.
J’aurais bien aimé que ma mère elle m’accompagne là dedans… mais c’est pas possible. Elle est trop loin !
Je vous choque pas quand je vous dis ça ? J’ai l’impression d’être un alien.
Alors Cam… j’ai hâte de te lire… Tu t’en sors ?

Kiss kiss

Noé

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