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Et si je dis non ou refuser de faire l’amour

Lettre-Noemie3
04 Oct 2014

Et si je dis non ou refuser de faire l’amour

Par Maïtie Trélaün dans Noemie

La femme n’a pas toujours envie de faire l’amour. Elle imagine souvent qu’elle doit le faire pour satisfaire le besoin de son homme. Mais qu’en est-il vraiment ? Que se passe-t-il lorsque la femme n’ose pas dire “non” à son partenaire ?

Montpellier,
le 3 octobre 2014

Hy !

C‘est marrant comme je ne ressens pas ce questionnement dont tu parles Manoue pour le lieu d’accouchement. Peut-être que je suis trop jeune, mais pour moi c’est évident que mon enfant naitra à la maison… et c’est pas dans ma tête, c’est dans toutes mes cellules !

Si l’autre m’aime pour un “oui” et pas pour un “non”, j’ai rien à faire avec lui

J’me questionne sur tout autre chose en fait. Maintenant qu’on fait l’amour avec James, j’ai souvent l’impression qu’il a envie alors que j’ai pas envie. Et là, je suis tiraillée… d’un côté j’ai pas envie et c’est clair en moi… d’un autre, j’ai peur de le décevoir si je refuse. C’est comme si j’étais pas à la hauteur. J’me dis que je devrais toujours avoir envie. Si je dis “non”, est-ce qu’il m’aimera encore ? Est-ce qu’il finira pas par se lasser ? ça me fait peur, en fait.
Et puis en même temps, je peux pas dire “oui” si j’ai pas envie, car alors j’y suis pas. Hier, j’ai fait ça pour voir… ben, c’était vraiment pas génial ! Je sentais quasiment rien ; j’avais hâte qu’il finisse ; j’avais l’impression d’être juste un objet pour lui … Je sentais que je pouvais lui en vouloir de me considérer comme ça. Quelque part, je me dégoûtais : j’me trouvais nulle. Et en plus James n’a pas aimé ! Y m’a dit que j’aurais du dire “non”, que ça le gêne pas. Y préfère un vrai “non” qu’un faux “oui”… sinon y peut plus croire mes “oui”.
J’ai réalisé que si je m’autorisais pas à dire “non” … et bien, mon “oui” n’avait plus de valeur. Du coup, tout ça ne rime à rien ; c’est que du faux !
Pourquoi on a tant peur de pas être aimé si on fait pas l’amour quand son mec a envie ? Pourquoi on a tant peur de ne pas satisfaire son homme au lit ? Je sais pas d’où ça vient… mais j’ai l’impression que je mets de l’ombre sur ma lumière si je le fais. C’est comme si je me salissais… et James, il aime pas que je me souille, il aime quand je pétille, quand j’ai mon soleil sans nuage.
Ce matin, y m’a caressé tout doux… et j’ai cru qu’il voulait faire l’amour. Je l’ai regardé et je lui ai dit “non”. Il a souri “tu sais j’ai juste envie de caresser ton corps, juste comme ça… rien de plus“. C’est moi qui me faisait un film… Et j’aurai pu ne pas oser dire “non” à un film que je me faisais provoquant du coup le fait de faire l’amour … qu’est-ce qu’on se complique la vie !
J’étais fière d’avoir dit “non”. J’ai pu savourer ses caresses, juste pour le fun, je m’en suis gorgée… c’était trop bon. Et finalement, sans rien se dire, sans rien penser, sans se poser de questions, on a fait l’amour et c’était trop l’fun ! Waouuuh ! ça donne envie de recommencer, de pas s’arrêter. Comme quoi…
En fait je réalise que j’ai juste à être pleinement moi, peu importe le “oui” ou le “non” du moment que j’y suis totalement et que je m’en fais pas une histoire. C’est simple ! Si l’autre m’aime pour un “oui” et pas pour un “non”,  j’ai rien à faire avec lui. Qu’est-ce que c’est bon de sentir ça !

Vous, vous faites comment quand vous avez pas envie ?

Kiss

Noé

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  • Amélinon 22 avril 2015 at 20 h 54 min / Répondre

    C’est bon de lire que d’autres peuvent ne pas voir envie de faire l’amour, même avec l’homme qu’elles aiment, et se sentir comme moi dans l’injonction intime de “faire plaisir”, “dire oui en espérant que ça vienne”. Ca vient parfois, c’est vrai, mais pas toujours.
    Et en attendant que “ça” vienne, que ça vienne de moi surtout, il y a ce moment d’insensibilité où on oublie de ressentir, où on se force, où on se laisse froisser, bousculer, écartée sans le dire, quitte à accélérer les choses, d’un mouvement de main, ou de bassin, en se disant bien honteusement et très secrètement “plus vite c’est fait, mieux c’est”. Et où on s’en veut d’être si sèche, si peu accueillante, si peu ouverte, si peu sensuelle. Et on s’en veut d’être si fausse. On aimerait tellement être différente à ce moment là.
    En ce qui me concerne mon mari ne semble pas s’apercevoir de la différence entre ces moments de passage en force, et de dissimulation mensongère, et les vrais moments de vrais désirs qui se font, est ce un hasard, de plus en plus rares…. Alors vient le doute, s’il ne sent pas la différence, qu’en est il de notre intimité, de notre relation. Et s’il la sent mais ne dit rien, et qu’il s’en fout de me faire mal, osons le dire, un peu trop vite, qu’en est il de notre …amour, osons le dire, dans un soupir. Et si je lui dit “moins vite, plus doucement ce soir, j’ai un peu mal, je me sens un peu fermée, excuse moi”, et qu’il se détourne de moi, qu’il me tourne le dos, en grognant en me disant que décidément “je n’ai pas le physique de mes ambitions”, s’il hausse les épaules, en disant “toi t’es vraiment trop fragile”, “on peut jamais rien faire, c’est jamais le bon moment, t’es vraiment pas marrante”, s’il m’asperge de lubrifiant en me frottant comme s’il récurait un fond de casserole, pour ensuite se glisser en moi, sur un rythme de “j’ai les moyens de te pénétrer”qu’en est il de moi, de moi qui disparait de vivre ça dans mon pire mauvais rêve.
    Ces pauvres constats me rendent tristes et signent pour moi la triste lâcheté d’une relation qui sous ce couvert valorisant du généreux “faire plaisir’ cache je m’en rends compte une peur toute simple et comme toutes les choses simples, si évidente qu’elle en devient incontournable . La peur enfantine, la peur archaïque, de décevoir, d’être moins femme que l’on devrait pour être désirée, pour être aimée, la peur puissamment sous jacente d’être rejetée, d’être abandonnée, la peur de pas pas être assez, être à la hauteur pour être aimée.
    Je ne le savais pas vraiment. Le plaisir n’était que rarement au rendez vous, la douleur sur le moment parfois présente, mais si peu finalement, on s’habitue c’est vrai, on s’insensibilise, et on achète des grosses bouteilles de lubrifiant qui ressemblent à des produits pour les sols, les irritations des jours d’après bien trop fréquentes pour être oubliées. Mycoses, infections urinaires, le diagnostic tombe, parce qu’il faut se faire soigner en plus, c’est du vaginisme. Espacez vos rapports Madame. Madame la trouillarde est trop contente, enfin un peu.
    Tout ça c’est mon amant qui me l’a fait comprendre. D’abord en m’offrant le plaisir, puis depuis quelques jours en m’offrant sa patience, sa volonté de savoir et le courage de sa franchise. Ca s’était toujours bien passé ensemble, merveilleusement, un vrai cadeau de la vie, mais la dernière fois, peut être parce que j’étais encore un peu blessée de mon mari, avec mycose et patati et patata, ce n’était pas si simple, et je n’ai rien dit. J’ai pensé “même avec lui, ça recommence, ah non ah non, pourvu qu’il ne s’en rende pas compte”. Pourtant je ne souhaite pas revivre avec lui ces faux accueils qui chiffonnent tout. Mais dans l’intensité de l’excitation, dans cette immense désir de tendresse dont j’ai besoin comme de lumière, par habitude, par conditionnement, par peur aussi toujours bien sûr, je n’ai pas pu sentir, et je n’ai rien su dire. Et même questionnée, je sais qu’à ce moment là, j’aurais menti. Ma vie pour qu’il reste et qu’il m’aime.
    Mais lui il sent si c’est fermé, si c’est froissé, mieux que moi même qui ait tellement l’habitude d’avoir envie sans que mon sexe ne sache s’ouvrir. Et quand ça tire, il n’aime pas. D’ailleurs c’est simple, ça l’irrite lui aussi. Et il pose des questions, pas sur le moment, mais après, il n’oublie pas, il ne se laisse pas avoir par mes sourires et mes silences, il dit les choses qu’il ne veut pas, il ne veut pas de moi comme ça, c’est si dur à entendre que ça me fait pleurer. Il propose des choses, s’arrêter. La prochaine fois, de sentir, de voir, de prendre le temps de ça, de décider, d’essayer en tout cas, on continue ou non, et si c’est non, on se prend dans les bras, on se console, on se rassure, on prend son temps, et on verra. Parce qu’il sait que je ne sais pas dire non, que je ne sens pas, que je ne peux, que j’ai trop peur et que ça vient de trop loin, il propose de le faire à ma place. Il dit qu’il a confiance en nous, qu’il a confiance en moi, en mon corps, en sa capacité à s’ouvrir, à avoir du plaisir, il dit qu’il est patient, il dit qu’il s’en fout, qu’il boira un thé avec moi en attendant. Je crois qu’il ne sait pas vraiment combien j’aimerais croire à tout ce qu’il dit. J’ai peur qu’il se décourage de moi, si mon corps ne lui répond pas. Il dit qu’il aimerait un jour que je puisse aussi le lui dire, “pas aujourd’hui de cette façon”, dans la confiance bien installée que demain ou après ce sera bien, ce sera mieux. Je ne sais pas si ce sera possible mais cet homme là me fait rêver. Et je me dis de toutes façons que si je continuais à mentir, si je commençais à cacher, je serais encore amenée à vivre une relation comme celle que j’ai aujourd’hui et ce n’est pas pour une relation comme celle que j’ai aujourd’hui que je déciderais de changer ma vie. Alors au risque de peur, de la déception, au risque du rejet, au risque du découragement, je décide de prendre la décision de me mettre à nue avec lui, dans la réalité de mon véritable désir sexuel, changeant et qui peut être aussi tellement puissant, je l’ai découvert grâce à lui, dans la réalité de mon véritable plaisir, sans me voiler. Le risque de me dévoiler. Le risque de dire non, d’entendre un non, le risque de l’échange, de la sincérité, de la véritable intimité, le risque de l’amour.

    • Maitie 22 avril 2015 at 22 h 13 min / Répondre

      Bonjour Amélinon
      Merci de ton témoignage. Tu décris ce que bien d’autres femmes vivent en silence. Et effectivement ce n’est pas notre partenaire qui fait le changement mais bien nous-même, parce que c’est à nous de nous respecter dans notre sensibilité et curieusement, c’est à se moment-là qu’on se sent respectée.La relation à l’autre nous parle de la relation à nous et nous amène à être responsable de notre propre plaisir.
      As-tu eu la possibilité de suivre le Sommet de la Sexualité de vie (www.sommetdelasexualite.com) ? Il ouvre sur une sexualité beaucoup plus respectueuse et féminine (donc plus douce).
      Belle expérimentation à toi

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