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Vivre un passage à vide

Lettre-manouella3
30 Avr 2014

Vivre un passage à vide

Par Maïtie Trélaün dans Manouella

Chaque passage dans la vie, nous amène à lâcher nos repères extérieurs pour nous ouvrir à quelque chose de nouveau, donc d’inconnu. On y vit souvent une sorte de moment de vide, une dépression, qui peut faire peur. Comment ne pas s’y perdre tout en y allant pleinement ?

 

 

 

Saint Paul de Vence,
le 30 avril 2014

  

Bonjour mes belles

 

Quelles richesses dans vos réflexions !

 

C’est amusant, j’ai l’impression que nous vivons toutes les trois le même passage sauf que c’est à des niveaux différents de notre développement personnel. Noémie, tu te cherches dans la relation à l’autre (homme), en ouvrant la facette “amante” donc femme sexuée ; Camille, tu te cherches dans la relation à l’autre (enfant), en ouvrant la facette “mère”; et moi, je me cherche dans la relation à moi, en m’ouvrant à l’Essence de cette Femme que je suis sans le savoir vraiment.

Les nuages me cachent le soleil mais ils ne l’enlèvent pas

Chacun de ces passages nous demande une prise de risque, un saut dans l’inconnu, une perte de contrôle plus ou moins grande. Chacun nous amène à lâcher nos repères extérieurs pour trouver des repères intérieurs. Et comme tu le dis si bien Noémie, c’est en allant vers le rire, le plaisir, vers ce qui pétille en nous que nous trouverons, chacune à notre manière, notre chemin.

 

Pourtant, je sens que ce n’est pas si simple. En effet, cela peut me pousser à voir tout en rose, (comme de cultiver la pensée positive par exemple) et de refouler les couleurs sombres, d’étouffer mes doutes, mes peurs, comme si ce n’était pas bien d’avoir des pensées sombres, de ne pas toujours être joyeuse. En l’expérimentant, je me suis rendue compte que j’étais alors dans le paraître, autant pour moi, que pour les autres. Je le faisais parce qu’en fait j’avais peur de ce que je trouvais négatif et surtout j’avais peur de m’y enliser, j’avais peur que cela m’aspire.

 

C’est autre chose qui m’est proposé : comment je peux ne pas perdre mon pétillant même dans mes espaces sombres ? Comment je peux ne pas désespérer de moi, ni de la vie même dans le désespoir ? Comment je peux m’accueillir même avec mes angoisses, mes colères, mon inertie, mon mal être… ? M’y accueillir, ce n’est pas m’y complaire : c’est y aller pleinement avec cette confiance que j’en ressortirai même si je ne sais pas comment. Comment je peux sentir ce qui pétille en moi même si ce que je traverse n’est pas pétillant ? Ce qui m’aide, c’est l’image du ciel : les nuages me cachent le soleil mais ils ne l’enlèvent pas.

 

C’est ce que ton bébé t’amène à faire Camille : il t’amène à lâcher les repères extérieurs. Et, ce que j’admire, c’est que tu y vas pleinement même si tu as l’impression d’être perdue. Vas-y, n’ai crainte. De par mon expérience personnelle ainsi que par l’accompagnement d’autres femmes, j’ai constaté que plus tu plonges sans retenue plus vite tu trouves ton issue. Tu te prépares déjà à l’accouchement !!!

 

Tu vas passer ta première échographie … C’est un grand rendez-vous ! Pour le préparer, je t’invite à poser tes mains (ou a demander à Sébastien de poser les siennes) sur le bas de ton ventre, juste vers le pubis. Les mains sont immobiles tout en étant bien posées et toi tu écoutes ce qui bouge en dessous. Ton bébé est là, il est à une période où il cherche à attirer l’attention… mais il est trop petit pour qu’on perçoive ses coups. Tu percevras plutôt comme une reptation, une petite bulle, une aile de papillon… Au début, tu douteras, puis en le faisant tous les jours, tu prendras plus d’assurance et tu sauras que c’est lui. Cela te permet de créer un lien direct avec ton bébé avant que ça ne passe par l’extérieur avec l’échographie. Ce lien te prépare à la rencontre par le regard.

 

Ton bébé va entendre les ultrasons de l’échographie. Pour lui c’est un bruit comparable à celui d’un hélicoptère. Je t’invite à le préparer à cela en lui expliquant en quoi c’est important pour toi de faire cet examen. Et puis, le jour J, essaye d’être aussi avec lui… comme si tu amenais ton enfant à un examen radio : tu lui expliquerais avant ce qu’il va se passer, tu serais présente pendant et tu le rassurerais après. Là c’est pareil !

 

Belle rencontre à toi !

 Je vous embrasse.

 

Manouella

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