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Vivre les bourrasques d’automne du cycle menstruel

Lettre-manouella
26 Mai 2014

Vivre les bourrasques d’automne du cycle menstruel

Par Maïtie Trélaün dans Manouella

De quoi nous parle le syndrome pré-menstruel ? Il porte en lui des tensions, des douleurs, un mal-être dont les femmes ne savent que faire et que leur entourage subit. Cette période du cycle menstruel est comparable à l’automne avec ses couleurs, ses bourrasques, ses contrastes. Et si le mal-être poussait la femme vers sa créativité ?

 

  

St Paul de Vence,
le 21 mai 2014

Bonjour mes Dames

 

Chacune dans vos bouleversements, chacune avec votre manière d’avancer… vous me faites sourire et me rappelez des souvenirs. Pourtant, j’étais loin d’avoir, à votre âge, la maturité que vous avez.

Cette période de notre cycle nous invite à être l’exploratrice de nos terres inconnues

J’ai cherché pendant longtemps comment vivre cette période de mon cycle qui précède les règles et durant laquelle j’étais assez exécrable. Une fois que l’ovulation était passée, j’avais quelques jours assez stables puis, doucement je me sentais aspirée par un monde sombre. Je ne supportais pas l’autre … je ne supportais pas que les choses ne soient pas faites, pas à leur place… je ne me supportais pas, je me trouvais moche, nulle, à côté de la plaque, pas aimable … Je critiquais mes moindres faits et gestes (tout comme ceux de l’autre d’ailleurs).

Je me rends compte aujourd’hui que je créais une tension dans la maison qui était intolérable. Donc ça explosait ! J’étais dans un cercle vicieux.

 

J’ai essayé de prendre sur moi et de contrôler au maximum mon irritation. J’étais alors mal dans mon corps, renfrognée… et j’ai commencé à avoir mal, un peu comme une tension lancinante dans le bas du dos. Plus les règles se rapprochaient, moins s’était supportable.

 

Du coup, j’ai essayé de dire les choses comme ça venait. J’étais mieux dans mon corps, mais je mettais tout le monde mal à l’aise, je me mettais les gens à dos, je créais des conflits que je redoutais …

 

Et puis, un jour, j’ai lu le livre “Stella et le cercle des femmes” avec cette phrase si simple “la femme tiraillée, devient irritable”. J’ai alors cherché ce qui me tiraillait. Je me suis rendue compte que je ne supportais plus les autres et surtout mes enfants, que je manquais d’air, que j’avais l’impression d’être envahie.

 

J’ai décidé de lâcher un peu la maison pour prendre du temps pour moi. Quand les enfants étaient à l’école, plutôt que de me précipiter sur ce qui était à faire, je faisais quelque chose pour moi : une ballade dans un parc s’il faisait beau, un bain les jours de froid, un hammam … Je me donnais une heure en général le matin et je m’obligeais à reprendre un temps avant de récupérer mes enfants, le temps de siroter un thé japonais en lisant tranquillement avec mon chat sur les genoux. C’est dans ces espaces-là que petit à petit je me suis mise à écrire ce qui me passait par la tête : j’exprimais et ça se détendais en moi.

 

Au début, j’ai pensé que ce serait impossible… et puis j’ai réalisé que cela libérait une belle énergie qui amenait de la légèreté dans le reste. J’ai du accepter de faire parfois des repas décongelés, de laisser la vaisselle en plan, de ne pas regarder le repassage, de mettre moins de consultations dans mon agenda à ces périodes… Bref, je me suis organisée pour arrêter que ce soit la course. J’ai accepté de ne pas pouvoir tout faire, j’ai lâché mon idéal de femme et de mère. C’est à cette période que j’ai pu commencer à dire que je n’étais pas disponible à certains moments.

 

Je suis persuadée aujourd’hui, que cette période de notre cycle nous invite à revenir vers nous, à être l’exploratrice de nos terres inconnues. C’est le moment de trouver nos modes d’expression, de création.

 

Je sens que je vis, aujourd’hui, avec la ménopause, un peu la même chose mais en plus grand, en plus exigeant parce que la vie ne me pardonne pas trop que je ne me respecte pas. Si j’en fais trop par exemple, je mets des jours et des jours à récupérer.

 

Je trouve tes chemins supers, Noémie. Autorise-toi à dessiner de toutes les manières possibles et tant pis si cela dérange les autres. Ta manière de t’orienter dans la vie est géniale même si elle me fait peur … alors je conçois qu’elle puisse faire peur à des adultes qui préfèreraient te voir suivre un chemin bien tracé… Mais ce sont nos peurs d’adultes, tu n’as pas à les prendre en charge, ni à changer quoi que ce soit… Je suis sûre que le chemin que tu traceras sera beaucoup plus juste et efficace que celui de bien des adultes qui ont suivi une norme.

 

Quant  toi Camille, je suis impressionnée de ton revirement. Je m’incline !

 

Je vous embrasse 

 

Manouella

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