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Prendre soin de mon corps

Lettre-manouella2
13 Août 2014

Prendre soin de mon corps

Par Maïtie Trélaün dans Manouella

Les changements hormonaux de la ménopause transforment les tissus et le corps. Il appelle la femme à prendre soin. Mais pour cela, elle a à se réconcilier avec lui, à apprendre à l’aimer… C’est un véritable chemin vers soi-même, comme un retour aux sources.

Saint Paul de Vence,
le 13 août 2014

Chères amies,

Vos propos me donnent envie d’aborder pleins de points qui me passionnent. Camille, tu me lances sur ma passion pour ce passage fabuleux de l’accouchement ; Noémie tu m’as lancée sur nos mémoires ancestrales qui entachent notre puissance sexuelle ; et là, j’ai juste envie de vous partager ce que je vis avec la ménopause. Mais je n’oublie pas vos appels et je prendrais le temps de vous répondre.

Je commence à porter le regard sans crainte sur l’histoire que le temps a écrit sur mon corps

Je viens de découvrir un livre qui a bercé mes journées et m’a ramené à moi-même : “Une autre Femme” de Donatella Caprioglio qui nous livre un récit intime au fil de la ménopause. Elle m’a amenée à revenir à moi, à plonger dans mes rêves et dans mon passé avec une infinie délicatesse.
En revenant à moi, je suis revenue vers mon corps avec cette même délicatesse. La ménopause m’encourage à en prendre soin. Je réalise à quel point je l’ai sollicité parfois sans pitié, tout ce que je lui ai demandé sans toujours le respecter, j’ai ignoré ses appels qui m’invitaient à la douceur, je suis passée en force depuis tellement longtemps… Il n’a jamais failli, il a toujours répondu présent, il ne m’a jamais menti, il ne m’a jamais punie même si je lui en ai voulu de parfois m’immobiliser, de m’empêcher de faire ce que je voulais. Je ne savais pas alors qu’il me protégeait, qu’il prenait ainsi soin de moi. Je lui dois la vie et je ne l’ai jamais remercié de sa patience.
J’ai réalisé que, même si je fais n’importe quoi, mon corps adaptera tous ses systèmes pour que je vive au mieux, il fera tout son possible pour que je survive en toute situation… même s’il a des limites.
J’en ai usé et j’en ai abusé ; j’ai même anesthésié mon corps pour ne plus entendre ses injonctions. Et il est toujours là, comme un ami fidèle, il me permet de vivre, de ressentir, de jouir…
Aujourd’hui, avec les changements hormonaux, je sens qu’il a besoin de moi, il a besoin que je prenne soin de lui. C’est comme s’il s’autorisait enfin à exprimer ses blessures pour que je les panse. C’est comme si tout ce que j’avais négligé affleure à la surface me donnant ainsi la possibilité de réparer.
Ainsi, je nourris ma peau tous les jours. Pour cela j’utilise un produit simple, de l’huile de Jojoba. Mais je sens que le plus important est le soin que mes mains apportent à toutes les parties de mon corps.
Chacune a besoin d’une attention particulière. Certaines se délectent du passage de l’eau chaude sous la douche comme si elles ouvraient une bouche pour la boire et la laisser couler à l’intérieur. D’autres appellent une infinie douceur avec le bout de mes doigts, comme pour faire fleurir les cellules ; j’ai alors l’impression que ma peau apprend à s’ouvrir ; elle découvre depuis une infinie variété de sensation avec le contact de l’air, le glissement de mes vêtements … D’autres ont besoin de ma puissance, d’être malaxée pour s’ouvrir, respirer, lâcher.
Je sens que chacune de mes articulations demande de l’attention comme si elle était une porte qui permet à l’énergie de vie de circuler. Cela m’amène à rester en mouvement, à cultiver la fluidité. Je marche différemment en savourant le jeu de mes articulations. La fluidité simplifie mon rapport à l’extérieure : je me sens belle, naturelle et en même temps très sensuelle. Ça m’amuse !
J’ai réalisé que Marion s’y mettait de son côté. C’est tellement chouette qu’elle commence alors qu’elle est encore si jeune. J’ai l’impression qu’elle aime son corps et qu’elle en connaît les chemins en même temps que je les découvre. J’ai l’impression d’apprivoiser mon corps et son image. Je commence à pouvoir me regarder dans la glace sans gêne, à porter le regard sans crainte sur l’histoire que le temps y a écrit, à accueillir doucement cette histoire et que ce soit la mienne : je réalise que j’en suis l’actrice principale.

Prenez soin de vous mes belles, vous êtes précieuses à la vie.

Tendrement

Manouella

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