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Le corps de cristal de ma ménopause

Lettre-manouella3
19 Mar 2015

Le corps de cristal de ma ménopause

Par Maïtie Trélaün dans Manouella

Les changements de la ménopause sont perturbateurs pour la femme et souvent sur des espaces qu’elle a parfois fermé dans son enfance. Que se passe-t-il si elle s’autorise à ouvrir ?

St Paul de Vence,
le 17 mars 2015

Bonjour Belles Demoiselles

Demoiselles par analogie à la libellule, parce que j’ai l’impression de ressentir en moi la fragilité de la libellule et en même temps la puissance mystérieuse de “Dragon fly”.

Je suis à la fois la mère qui ouvre à l’infini et l’enfant qui pénètre cet infini

Mon corps s’affine, non pas dans le sens que je perds des kilos, mais parce qu’il devient plus sensible à tout, plus réceptif, plus ouvert. J’ai l’impression de retrouver les sens du bébé qui s’éveille. Et parfois, je touche une peur phénoménale qui lui est associée. C’est comme si des capteurs s’ouvraient en moi et que cela me mettait en contact avec une peur primordiale, une peur de quand j’étais toute petite.

Je suis à fleur de peau. Non pas à cause de mes émotions qui sont étonnement paisibles, mais parce que, lorsque je m’autorise à écouter ce que je perçois avec mes sens, toute ma peau est en éveil. C’est comme si tous mes sens avaient une influence sur ma peau. Si je caresse la peau de mon visage très doucement, du bout de mes doigts, par exemple… j’ai l’impression que ma vue s’aiguise, que mon odorat s’amplifie, que mes oreilles perçoivent des sons très subtils… Et si je fais pareil avec un autre de mes sens, j’ai l’impression que les pores de ma peau s’ouvrent et ressentent.
Je perçois une foultitude de choses extrêmement subtiles même si je ne sais pas encore quoi en faire. Je sens l’énergie de vie qui circule dans mes cellules et pétille à l’intérieur de moi, je sens la finesse du contour de ma peau qui n’est plus une limite à laquelle je me heurte même si elle me réconforte. Je perçois une plénitude vivante et vibrante autour de moi comme à l’intérieur de moi. Parfois j’ai l’impression que je pourrais ressentir le vol d’un papillon à l’autre bout du monde.
Comme tout est plein aussi bien en moi qu’à l’extérieur, le moindre mouvement se ressent, se propage… Il suffit juste que je sois ouverte pour le percevoir, pour le recevoir.
Et, ce qui est magique, c’est que cette attention, cette présence sensorielle, dessine instanténment un sourire sur mon visage. J’ai l’impression d’être enveloppée d’amour et de déborder d’amour… un amour tout doux… un amour qui sourit.
L’instant n’a plus de temps ; l’espace n’a plus de fin. J’ai l’impression d’être translucide au monde et en même temps tellement là, tellement dans la matière, tellement incarnée… mais immensément incarnée.
Et, ce qui est curieux, c’est que je suis en même temps extrêmement présente à ce qui m’entoure.
Je suis à fleur de peau : est-ce cela fleurir ?
Et en même temps la vie ne me pardonne aucun écart. La vie m’appelle à respecter cette vie en moi à ne plus la malmener… et ça c’est encore difficile pour moi. Si je ne suis pas ce qui se fait dans mon corps et que je bloque ou que je comprime ce qui s’expend… mon corps réagit immédiatement avec ses maux. Lorsque je suis ce qui se fait en moi, je m’ouvre à l’inconnu : c’est comme un accouchement et une naissance… Je suis à la fois la mère qui ouvre à l’infini et l’enfant qui pénètre cet infini. C’est peut-être ça le Tao ?
Parfois cela m’affole et souvent cela m’émerveille.

Je vous embrasse

Manouella

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