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Mon corps et la ménopause

Lettre-manouella3
05 Nov 2014

Mon corps et la ménopause

Par Maïtie Trélaün dans Manouella

La ménopause provoque de grands changements dans le corps, il ouvre la porte sur le vieillissement et pourtant la vie est là qui pulse plus que jamais sous la peau… elle ne demande qu’à être libérée comme le rire d’un enfant … mais où se cache cette joie simple ?

St Paul de Vence,
le 5 novembre 2014

Mes belles,

L‘automne tire à sa fin et j’ai l’impression de me replier sur moi comme si mon corps me rappelait à la source. Et en même temps, j’ai tellement l’impression parfois que la source se tarie doucement, comme si un compte à rebours avait commencé.

Cette joie était en moi, elle attendait juste que je lui ouvre la porte …

Mon corps change comme si l’eau s’en retirait doucement, un peu comme la marée basse qui laisse sur la plage mise à nu ses ruisseaux, ses marques, ses rides, ses galets. La vie me met à nu, elle m’appelle à la présence… mais je ne sais plus où donner de la tête, j’ai l’impression que tout va quand même si vite et qu’on ne peut pas revenir en arrière. Je ne peux rien changer à toutes ces années où je suis passée en force, où j’ai négligé mon corps, où je ne me suis pas écoutée…

Quand je contemple mes mains, je lis la marque des ans. Les ai-je seulement remerciées de tout ce qu’elles m’ont permis de vivre, de sentir, de caresser, de créer ? Je les sens usées par la vie et en même temps tellement pleines de vie. Elles sont à l’image de mon corps. Il change, il devient plus exigeant sans que je comprenne toujours ce qu’il veut. Je sens qu’il aspire à la joie. Je lui en ai tellement peu apporté. Il est à fleur de peau, il arrive à un moment où il s’en fou des convenances qui l’ont si souvent brimé … il a envie de rire, de pétiller, de jouer … il a envie de s’émerveiller, de rêver … C’est si simple ! Pourquoi est-ce si complexe ? Pourquoi est-ce interdit à l’adulte ? Et si c’était ça qui nous faisait vieillir, si c’était le fait d’être raisonnable !

Quand je caresse tout doucement ma peau, je sens mes cellules sourire et si je les laisse faire, elles éclatent même de rire. Je suis tombée par hasard sur le livre de Mantak ChiaEnergie vitale et auto guérison” où il parle du sourire intérieur. C’est si simple et si puissant à la fois : laisser sourire ses organes, ses vertèbres… Je le fais à ma manière quand je conduis, quand je fais la cuisine, quand je marche… Et lorsque j’ai le temps de me concentrer pleinement dessus et de laisser grandir ce sourire, je suis submergée par une immense vague de joie. C’est comme si j’avais en moi une source de joie qui jaillissait alors comme un geyser avec une puissance volcanique ; c’est cette joie que je cherchais toutes ces années à l’extérieur, j’attendais que les autres me l’apportent, que les conditions me l’apportent… alors qu’elle était en moi et qu’elle attendait juste que je lui ouvre la porte : elle était à ma porte !

Je découvre qu’en même temps cette joie active la sécrétion d’ocytocine qui est cette fabuleuse hormone de l’amour ou hormone de vie. 
J’ai l’impression d’avoir tant donné aux autres que maintenant, avec la ménopause, mon corps est fatigué de ma négligence, il a envie de rire, de laisser déborder ce rire d’enfant qui l’habite comme si c’était la seule chose importante. J’ai décidé de marcher avec lui dans la rue. C’est vrai, je suis toujours triste de constater à quel point les gens dans la rue sont tristes et fermés… mais moi, qu’est-ce que je fais pour être ouverte et souriante ? Alors, je me lance… je suis sûre que tu fais ça spontanément Noémie… c’est ça qui me plaît en toi. Et c’est amusant, parce que j’ai l’impression que ta grossesse t’a aussi apporté cela Camille… ne le perds pas !

Je vous embrasse,

La miss t’es rieuse, Manouella

  • Marie-France 20 novembre 2014 at 4 h 10 min / Répondre

    Wow, je partage complètement cet article, je m’y retrouve, merci. Je suis à l’automne ou l’hiver de ma vie, j’ai demain 66 ans…

    • Maitie 24 novembre 2014 at 0 h 32 min / Répondre

      Tu es encore à l’automne, à ce passage instable qui te laisse la liberté de choisir de t’ouvrir à un éternel été ou d’accueillir l’hiver. L’un comme l’autre mènent à la transformation chacun à leur manière.

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