Un blog dédié aux femmes

Quelle galère d’être mère !

Lettre-camille
29 Jan 2015

Quelle galère d’être mère !

Par Maïtie Trélaün dans Camille

Alors qu’on s’imagine le bonheur suprême, on déchante souvent quand on devient mère. On nous parle si peu de ce qui se passe vraiment derrière la façade du socialement correct. On met tellement de masques parce qu’une mère ça gère…

Lyon,
le 27 janvier 2015

Hey

J‘ai du mal à vous lire, j’ai l’impression de plus être dans ce monde, dans votre monde, dans le monde des gens… J’suis sur une autre planète qui tourne autour de mes seins, de mon bébé et… de mon bébé et….de mon bébé…et moi, je suis où ?

Je me sens tellement petite face à cette montagne : être mère !

Je pensais pas que ce serait ça d’être mère, je pensais que je serai hyper joyeuse, bonheur suprême… Cela fait 2 mois que Merlin est né et j’ai l’impression que cela fait des siècles. Le temps s’étire en longueur. J’ai l’impression de ne rien faire de mes journées et pourtant j’ai même pas le temps de prendre un bain !
Comment elles font les femmes pour tout gérer ? Moi j’en suis pas capable ! Je suis épuisée, décalquée, j’sais plus dans quel corps je suis… j’ai l’impression qu’il est tout dégonflé avec mon ventre flasque et mes gros seins trop lourds, trop tendus. J’ai même plus mon odeur… je sens le lait !
Comment elle fait ma voisine avec ses 3 mômes dont un bébé de 3 mois ? Elle gérait tout dès qu’elle est rentrée de la maternité.
Je me rends compte à quel point l’image des pubs me hante. Je rêve d’avoir un môme qui régurgite pas pour pouvoir me sentir belle et propre. Je rêve qu’il soit souriant et que je sois juste émerveillée. Je rêve que Séb il rentre et me fasse un bisous tendre dans le coup en m’apportant un bouquet de mes roses préférées… Je rêve de ma mère tout sourire à côté de moi, qui fait ma lessive, qui me passe les mains dans les cheveux avec tendresse… Je rêve et je réalise que toutes ces images ce ne sont qu’un leurre : publicités mensongères !
Il m’arrive même de regretter d’avoir un môme tellement je me sens perdue, loin de moi.
Et puis, je suis dure avec Seb et je vois qu’il est crevé aussi. Je lui en demande toujours plus et ça me va jamais. J’voudrais pas être comme ça, je m’en veux tellement, je me trouve ignoble… et en même temps, j’en peux plus, je me sens perdue…
Perdue face à Merlin quand il pleure la nuit et que je veux dormir ; perdue face à Seb pour qui je suis une marâtre et pas une femme ; perdue de pas savoir comment faire, où mettre la limite… perdue de tout les conseils qu’on me donne qui me perdent encore plus.
Je me sens tellement petite face à cette montagne : être mère ! Je sais pas où elle est passée cette femme puissante qui a donné naissance à ce petit bonhomme ! Je me sens si déconnectée, si incapable de faire face ! J’ai l’impression d’être dans un tunnel sans fin. Quand est-ce qu’il fera jour ? En plus c’est l’hiver, il fait froid, il pleut…
Quand est-ce qu’on sort la tête de l’eau ?
Dans tout ça, ce qui est doux c’est quand je dors avec Merlin. Je m’en fou de ce qu’on me dit… J’ai plus que ça, alors je dors avec lui et c’est bon, ça me donne l’envie de continuer. Quand je le sens là contre moi et qu’il dort… Je peux pas m’empêcher de sourire. C’est le soleil dans la pluie, c’est l’étoile dans le puit, c’est nouveau et c’est si beau. J’aime me laisser glisser dans les bras de Morphée avec Merlin contre moi… et tant pis si Seb y dort dans le salon… on verra plus tard pour nous, pour le couple… J’ai l’impression que c’est comme dans la Belle verte, que ça me nourrit, ça me recharge.
Dis-moi que je suis pas folle Manoue, dis-moi que je vais m’en sortir …

Love lit

Cam

  • emmanuelle 29 janvier 2015 at 1 h 26 min / Répondre

    Wow merci, ça fait un bien fou cette petite lecture. Je suis à la maison avec bébé de 3 mois et parfois j’aimerais m’évader pour 3 jours et ne faire absolument rien sauf dormir mais lorsque je la fait garder pour 3h elle me manque terriblement. Ça doit être ça être maman.

    • Maitie 31 janvier 2015 at 11 h 47 min / Répondre

      Cela contribue au fait d’être maman et en même temps cela peut réveiller des mémoires. Notre enfant réveille notre propre enfant intérieur. SI nous ne trouvons pas le chemin pour l’activer nous-même, nous sommes en manque lorsque notre enfant n’est pas là. Cela te permet d’apprendre à prendre en charge toi-même cette part de toi.

      Bien à toi
      Maïtie

  • Ana 6 février 2015 at 23 h 34 min / Répondre

    C’est tellement juste ce texte! Ça me replonge dans mes souvenirs de quand mes enfants sont nés, dans mes réflexions, mes frustrations, mon impuissance aussi…parfois ça revient comme un effluve encore aujourd’hui, quand ça déborde et qu’à bout de nerfs je lance à la ronde “mais c’est trop demander que d’avoir des vêtements sans tâches!?”. Et puis je vois les petites mains potelées pleines de confiture se retirer, les yeux qui s’embuent, les lèvres qui tremblotent…et je m’en veux d’avoir crié, et tout à coup ça n’a plus d’importance avec quoi je suis habillée, on fait un câlin à la confiture , et je me dis que ça passera. Et ça passe, et ça revient. À vouloir être trop là pour eux, je ne suis plus là pour moi, et finalement je ne suis présente pour personne.
    Sauf dans ces moments de grâce où on ne parle pas. Blottis contre moi mes enfants font la sieste, ou finissent leur nuit: je me sens nourrie et forte et pleine d’amour comme si toutes mes cellules étaient gonflées d’amour et de joie. Parfois ça me donne envie de pleurer tellement je me sens à ma place avec eux contre moi, tellement je les trouve merveilleux juste parce qu’ils respirent, tellement ils sont, chacun à leur manière parfaits et libres. Et c’est dans ces moments de grâce et dans l’exemple que me donnent mes enfants que je trouve le courage de de rapprocher de moi-même pour prendre soin de moi.

    • Maitie 7 février 2015 at 15 h 20 min / Répondre

      Un merci infini à la beauté de ton témoignage qui vient enrichir mon blog. Je suis touchée, émue… et j’aurais envie que toutes les mères lisent ces lignes … Elles sont si belles, si primordiales, si vivantes… Merci à toi
      Maïtie

  • Martine 23 octobre 2017 at 10 h 50 min / Répondre

    C’est tellement ça.
    Le mien a deux mois et demi. Je le laisse à son papa deux heures pour aller nager le samedi et je ne pense qu’à une chose: vite rentrer pour le retrouver alors que la semaine, je rêve d’avoir du temps pour faire plus de choses.
    Je dors aussi avec lui. C’est une expérience magnifique: quand il est lové contre moi, la terre pourrait s’arrêter de tourner que je ne m’en rendrais pas compte. D’ailleurs, je conseille à toutes les mères de le faire. Non seulement, ce sont des moments magnifiques à vivre avec son bébé mais de plus, cela permet de l’allaiter sans manquer de sommeil. On sort le sein et hop! Notre bout de chou fait sa vie avec. Tout le monde se rendort jusqu’à la prochaine tétée.

    • Maïtie Trélaün 23 octobre 2017 at 12 h 52 min / Répondre

      Bonjourt Martine
      Quel beau témoignage vous nous apportez ! C’est super que vous parveniez à prendre des temps pour vous même si votre fils est encore petit. Il vous reste à vous autoriser à savourer pleinement ce temps en Femme en laissant de côté la mère et la maman.
      Ce que vous partagez sur le sommeil est très vrai. Lorsque vous êtes en confiance, le fait de dormir avec votre bébé vous permet vraiment de mieux récupérer… entre autre.
      Belle continuation à vous

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