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La vie est si proche de la mort

Lettre-camille3
02 Sep 2015

La vie est si proche de la mort

Par Maïtie Trélaün dans Camille

La peur de la mort habite nos ombres et influence nos gestes, votre vie. C’est souvent accentué quand on devient maman car on sent cette responsabilité que l’on porte : prendre soin de la vie de l’autre. Mais en fait, qu’est-ce qui meurt ? Qu’est-ce qui vit ? Qu’est-ce qui nous relie à l’autre ?

Lyon,
le 2 septembre 2015

Salut les Miss !

C‘est génial de vous lire ! A chaque fois vous m’emmenez dans un espace auquel j’aurais jamais pensé. C’est tellement vrai ton histoire de jugement Noé… et tellement difficile à déscotcher de ma manière de voir l’autre !

Ma peur est un nuage qui me cache le ciel !

Du coup, ce que j’ai envie vous dire ce jour, c’est pas si gai.

Depuis que Merlin est né, je réalise à quel point il est mortel ! Je pensais que cette peur qu’il meurt ne serait que quand il était petit dans la période où le fantôme de la mort subite rode quelque part dans la tête… Et non ! Cela continue et c’est super flippant à certains moments. En même temps j’ai l’impression de lui bouffer la vie avec cette peur à la noix. On dirait ma mère parfois !

Alors j’ai décidé de creuser la question ! 

C’est vrai que je lui ai donné la vie (même si j’ai pas l’impression que c’est moi qui l’ai donné… disons que je lui ai permis d’être vivant) et en même temps j’ai l’impression que, malgré moi, ça l’expose à la mort !
Du coup je me suis posé la question sur la vie : c’est quoi la vie ! Et en fait je réalise que ça a rien à voir avec la mort ! Et c’est ce que tu nous as dit Manoue qui m’a ouvert à cette vision. La vie est la mort ne sont pas opposées, c’est la naissance et la mort. et même au-delà de la naissance, c’est le corps qui est mortel, c’est ma forme !

La forme de Merlin est éphémère et je ne sais pas du tout combien de temps elle sera animée par sa vie. Mais je sens bien que dans mon coeur j’ai autre chose, j’ai son rire, j’ai sa joie, j’ai son désarrois… et ça c’est au-delà de sa forme… et ça personne ne pourra me l’enlever… même si la forme s’arrête. Je suis sûre que j’entendrai son rire dans les étoiles comme j’entendais celui du Petit Prince sur son étoile quand j’étais petite.

Du coup, depuis que j’ai réalisé ça, j’ai moins peur qu’il meurt, qu’il parte… Je serai triste et en même temps j’aurai son rire ! Et je sens bien que je peux m’accrocher au fait que ce rire me manque… Mais c’est juste parce que je ferme la porte et que je m’accroche à la forme… parce que, si j’ouvre la porte… ce rire il est là, il est présent !

Du coup, je savoure beaucoup plus chaque instant avec Merlin, ça m’aide aussi à lâcher le jugement comme tu dis Noémie, parce que c’est une forme que je juge, c’est ce qui est mort et quand je m’y accroche ça m’empêche de voir la vie. Ma peur est un nuage qui me cache le ciel !

J’ai l’impression du coup que Merlin est éternel… c’est notre lien qui l’est et la manière dont je le vis dépend de la manière dont je le cultive : est-ce que je le limite à une forme ou est-ce que la forme n’est qu’un support passager pour faciliter la création du lien ?

Kiss, kiss

Camille

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