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La houle du début de grossesse

Lettre-camille3
23 Avr 2014

La houle du début de grossesse

Par Maïtie Trélaün dans Camille

Les premiers mois de grossesse sont parfois très déstabilisants même si le corps médical considère que ce sont des symptômes de grossesse normale. Comment peut-on concilier la grossesse avec notre vie de femme actuelle ? C’est la question que se pose Camille.

 

  

 

A Lyon
le 23 avril 2014 

Hy, bellissima !

 

Ca fait presque 2 mois qu’il est là ! J’en reviens pas. Je sais pas si je peux dire que je commence à m’y faire. Quand je regarde mon ventre, il semble s’arrondir un peu … J’ai peur de l’ampleur qu’il va prendre : adieu silhouette tant cultivée ! J’ai vraiment l’impression de plonger dans l’obscurité et même d’y être engloutie… j’ai envie de mettre le pilotage automatique… mais je sais pas où il est.

J’ai envie de savoir à quoi elle s’est raccrochée, elle, pour pas sombrer

Comme vous pouvez vous en douter, pour l’instant, c’est houleux ce début de grossesse ! Je me suis fait arrêter une semaine et j’ai quand même l’impression d’être en plein naufrage. Je dors comme un loir, je bugge comme un décérébré devant mon écran télé. Je sais pas trop si tout tangue autour de moi ou en moi : brume, brouillard avec comme seul phare Seb qui gère tout, tout, tout… du sol au plafond. Je crois que c’est la première fois que je me laisse porter comme ça. J’ai pas le choix. Il est crevé, il est inquiet même s’il essaie de sourire. Mais je peux pas faire autrement, dès que j’essaye de m’activer… j’ai la nausée.

 

J’ai l’impression d’être “out” H 24 et pourtant tout le monde me dit que tout va bien… Du  coup c’est comment quand ça va mal !!! Parce que, pour moi … ça va pas ! Alors je fais quoi avec mon mal être ! Je me dis que je suis pas cap d’être mère ? Je me dis que je suis pas comme les autres ? C’est bien sympa de me dire de rire Noé… mais j’ai pas franchement envie.  Je pleure plus que je ris… je sais pas d’où elles viennent toutes ces larmes.

 

Même si Seb est là, attentif, je me sens seule car y comprend pas. Il me rassure… mais c’est pas ça que je veux, alors je m’énerve et je m’en veux. J’ai besoin qu’une autre femme me dise que ça prend aux trippes, que ça fait peur, que c’est normal d’être complètement décalquée… et qu’elle l’a traversé. J’ai envie de savoir à quoi elle s’est raccrochée, elle, pour pas sombrer. Moi, je me raccroche à ce môme, mais ça me rassure pas. Je me dis que si ça commence comme ça, comment ça va finir. Alors je me raccroche aux femmes, à toutes celles qui sont derrière moi et qui l’on vécu sans rien dire, sans rien faire voir… sinon ça ce saurait. Pourtant, si je suis là, c’est qu’elles l’ont traversé. Mais quand je les regarde, j’ai pas envie d’être comme elles, déformées, vieillies, fatiguées, à côté de la vie, sacrifiée sur l’autel de la mère… Alors, je fais quoi ?

 

J’vais passer ma première écho dans 15 jours. Je suis impatiente. J’ai l’impression que ça va mettre une bouée dans mon océan. Je la vois comme un tremplin sur lequel je vais rebondir. C’est comme un premier RV… j’ai le trac. C’est qui celui qui m’habite ?

 

Si vous avez des pistes, je suis preneuse.

 

Kiss, kiss

Camille 

 

 

  • mounez 23 avril 2014 at 17 h 07 min / Répondre

    Je suis à 19 semaines.
    Comme toi, j’ai découvert, et je découvre encore la métamorphose physique et psychique qu’implique la grossesse…
    Le jour de notre “anniversaire de couple” il y a quelques semaines, j’ai pleuré, mon homme a passé une partie de la soirée au téléphone avec sa mère … Alors que pour moi c’était “notre” journée, rien qu’à nous deux !
    J’ai pleuré, et je lui ai dis “Tu sais, je ne serais plus jamais la même, plus jamais”, notre couple d’amoureux va changer, mon corps et mon être va changer.
    Mais au fond, c’est ce qui se passe tout au long de nos vies, nous changeons. Et c’est plus ou moins facile, rapide, difficile, tordu, complexe, d’accepter ces changements.
    Depuis j’ai changé, j’ai senti notre bébé bouger en moi, mon ventre s’est encore arrondit…
    Mon état d’esprit change, et je ne regarde pas le passé avec nostalgie. Je le vois. C’est ce qui est devant nous qui nous angoisse, nous est inconnu et à la fois “connu”, puisqu’on va, apriori, vers un état inéluctable : celui de donner la vie.

    Je me suis rendue compte que ce qui me faisait le plus “peur” ou du moins “étrange” c’est de multiplier les facettes de mon être. De fille, je suis passée à femme, tout en restant la fille de mes parents.
    De femme, je suis “couple”, étape qui a mis tant de temps à s’harmoniser !!
    Maintenant, fille, femme, compagne, je vais ajouter à cette palette un autre mot : mère !
    Appréhension d’abandonner la femme en moi, l’amoureuse en moi, et devoir devenir mère. Mais je ne pense pas que ça marche comme ça de façon aussi catégorique 😉 !

    Comment savoir vraiment ce que c’est …. ?
    Ça va se faire … comme devenir une femme, comme apprendre à vivre à deux.

    C’est la vie, c’est l’aventure de la vie … 🙂
    Et comme ça nous traverse, on se sent très seule parfois.
    Comme ces 4 jours où j’ai pleuré “sans raisons rationnelles”, comme si j’évacuais des doutes, des peurs, des mémoires, pour m’ouvrir à ce qui m’attend. Pour accueillir cette vie en moi. Sa vie, et la mienne aussi.

    • Maitie 25 avril 2014 at 15 h 16 min / Répondre

      Merci de votre témoignage. Je trouve très belle cette image de s’ouvrir à une autre facette. LA douceur de vos mots apporte une confiance en ce qui est avec beaucoup de simplicité. J’apprécie

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