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Matriarcat, patriarcat … et après ?

complémentarité homme femme
02 Sep 2014

Matriarcat, patriarcat … et après ?

Par Maïtie Trélaün dans Etre femme

Nous parlons beaucoup du patriarcat dont nous émergeons doucement, mais qu’en est-il au juste du matriarcat ? Que savons-nous de ces millénaires de domination féminine qui ont conduit à la domination masculine ? Et quelle choix avons-nous aujourd’hui : continuer dans le patriarcat, revenir au matriarcat ou quitter le mode de domination/soumission pour ouvrir une nouvelle voie ?

Nous portons dans nos cellules, la mémoire de notre vie, celle de notre lignée ainsi que la mémoire de l’humanité. Certaines nourrissent nos croyances et induisent nos processus comportementaux. Il est important de prendre conscience des grands mouvements qui ont influencés la femme en relation avec son cycle.

Le temps est venu de nous ouvrir à l’autre afin de cultiver notre complémentarité

Il y a bien longtemps, alors que le lien des femmes à la nature était puissant, toutes celles qui étaient en santé accueillaient leurs menstrues au moment de la Lune Noire ce qui implique qu’elles ovulaient à la Pleine Lune. L’astre de la nuit ainsi que des milliers de femmes sur la Terre pulsaient les mêmes énergies dans le même temps, telle une danse orchestrée par l’Univers.
Cette puissance mystérieuse a toujours intrigué, voire inquiété les hommes.

De matriarcat en patriarcat

Les 30 000 ans de matriarcat, qui ont précédé aux 3 000 ans de patriarcat dont nous vivons les derniers soubresauts, sont bien souvent passés sous silence, refoulés dans la marre indistincte de l’oubli. Pourtant, nos cellules, tant chez l’homme que chez la femme, l’expriment par une crainte viscérale de la puissance de l’énergie féminine.
Au cours de cette période, la majorité des peuples de tous les continents vénérait la toute puissance de la Déesse-Mère. Déesse de la fertilité par excellence, elle assurait, au travers du corps de la femme, la pérennité de l’espèce par un processus mystérieux qui l’amenait à s’arrondir et à donner naissance à un enfant.
Mystère encore que ce sang qui coulait périodiquement (au moment des nuits obscures) de son sexe sans qu’elle en soit blessée. Ce sang provenant d’une source inconnue, au-delà du visible, était récolté précautionneusement par les guérisseuses pour ses vertus cicatrisantes ; il servait aussi à fertiliser la terre. On l’utilisait lors des cérémonies religieuses en offrande à la Déesse Mère pour la remercier de ses bienfaits.
La profonde reliance à l’Univers que lui conférait la période de ses menstrues, permettait à la femme d’avoir intuitivement accès à la connaissance universelle. Son cycle l’amenait, par sa vulnérabilité, à être en lien avec tous les cycles des mondes visibles et invisibles. Ses perceptions la guidaient dans ses actes quotidiens sans qu’elle cherche à les comprendre.

Mais ces pouvoirs subtils ont amené un sentiment de supériorité aux femmes qui, petit à petit, ont pris le pouvoir et dominé les hommes. Devenue Walkyrie, la femme a pris les armes et cultivé la force. Refusant dès lors sa faiblesse, elle a occulté les périodes de son cycle qui l’ouvraient à sa vulnérabilité, se coupant progressivement de sa connexion à l’Univers et à ses perceptions.
Elle s’est en même temps, coupée de son Essence qui est Amour Inconditionnel et de sa nature primordiale qui est Ouverture. Elle a fermé son cœur.
De même, pour réussir dans la vie, nous appelons souvent la force, cultivant notre cerveau analytique au détriment de notre cerveau intuitif et de nos sensations corporelles.

Le sang a coulé mais ce n’était plus celui que lui offrait sa nature féminine : c’était le sang des hommes. Nous n’imaginons pas les atrocités que les femmes leur ont fait subir.
Toute action amène une réaction. L’oppression réveilla l’esprit curieux et avide de compréhension de l’homme et l’amena à élucider en partie le mystère de la fécondation. Il découvrit que ce n’était pas un élément surnaturel qui fécondait la femme, comme il le croyait jusqu’à présent, mais lui-même. Cette révélation fit basculer le monde et la relation homme/femme: la femme n’était plus qu’un réceptacle à la semence de l’homme. C’était à lui que revenaient la puissance de la reproduction et donc la responsabilité de la pérennité de l’espèce. La femme devint sa servante.

Les rituels repris par les hommes se sont lentement transformés tout en conservant certaines pratiques issues du culte de la Déesse-Mère. Ne pouvant produire du sang naturellement, la notion de sacrifice animal voire humain s’est répandue. Le sang et le mystère obscur de la femme ont été rejetés, diabolisés, assimilés au péché, au mal…
Le règne du patriarcat était né.

De ces mémoires, découle bon nombre de nos problématiques personnelles et relationnelles ainsi que la peur de notre puissance (que nous assimilons à de la violence) comme de notre vulnérabilité (que nous confondons avec la faiblesse).

Diabolisation de ce que représente la femme

Les religions qui virent le jour sous le joug du patriarcat ont cherché à étouffer la puissance mystérieuse de la femme. Tout ce qui pouvait l’évoquer, était considéré comme impur voire diabolique. Toutes sortes d’interdits vinrent circonscrire ses actions principalement à la période des menstrues, lourde de la mémoire ancestrale de sa puissance obscure.
Il se trouve également, que la femme est le plus rapide ascenseur spirituel qui soit. En effet, la nature (par ses cycles, ses enfantements et sa ménopause) amplifie sa capacité à être un canal ouvert sur d’autres mondes et d’autres états de conscience, lui conférant ainsi un accès privilégié à l’éveil spirituel. C’est ce que l’on recherche dans la sexualité sacrée.
Ce phénomène est amplifié par la biochimie de la rencontre du sperme et des menstrues. Le mélange de ces deux liquides porteurs de vie et de substances hautement nutritives composait, en des temps reculés l’élixir de la Connaissance et de l’Immortalité.
Ne pouvant tolérer que le commun des mortels puisse accéder à l’éveil spirituel en dehors des voies enseignées par leurs préceptes, les religions ont, chacune à leur manière, diabolisé le sexe, le corps, le plaisir et surtout la femme avec son cycle. Certaines sont allées jusqu’à la mutilation par l’excision ; d’autres les ont brûlées vives sous prétexte de sorcellerie…
Le corps physique avec ses pulsions animales devenait la cause de tous nos maux et de notre perdition.
Le plaisir sexuel de la femme et son orgasme sont devenus la source du péché. La sexualité s’est cantonnée à la reproduction. Or, celle-ci étant peu probable durant la période des règles, la pratique de la sexualité l’a désertée.

Aujourd’hui, les femmes expriment cette mémoire au travers des douleurs de leurs cycles, de leur sexe, du dégoût qu’elles éprouvent souvent pour le sang de leurs menstrues et des perturbations de leur sexualité.

Les tentes rouges

Souvent bannies par les lois du patriarcat, les femmes se regroupaient, dés l’apparition de leurs saignements, dans une case, une hutte ou une tente , à l’écart du village, loin de leur quotidien. Elles se retrouvaient là pendant deux ou trois jours. Les jeunes filles non encore pubères et les femmes ménopausées prenaient en main le quotidien, leur apportant de quoi se sustenter. Aucun homme ne pénétrait cet espace, ni même les environs.
Dans le cocon de la tente, les femmes se détendaient, soufflaient et déposaient le fardeau de leur cœur.
C’était le temps des femmes, consacré au repos, aux secrets de femmes. Les jeunes filles, attentives, découvraient le monde de l’épouse et celui de la mère ; elles s’ouvraient un peu plus à la vie, à ce qui les attendait. Leurs aînées les chahutaient, se moquant gentiment de leur inexpérience : pourtant elles se savaient soutenues et même reconnues dans leur condition de femme. Dès leurs premières menstrues, elles intégraient cette communauté à nulle autre pareille et goûtaient la puissance de la sororité. La transmission de femmes à femmes coulait sans qu’on y prête attention, habitant aussi bien les mots, les gestes que les silences.
Chacune pouvait s’ouvrir à la vulnérabilité, en lien avec cette période de leur cycle, sans crainte, se laissant accueillir par ses sœurs, s’autorisant l’abandon dans la douceur de leurs mains. C’était un temps précieux pour prendre soin de son corps, de son cœur, pour prendre soin de l’autre dans la simplicité de la nudité dévoilée. C’était une parenthèse de liberté, un temps d’enseignement, un temps pour rire autant que pour pleurer… C’était un temps vivant !
Les femmes de la Terre s’ouvraient à leur intime en respectant la plus importante des règles des femmes imposée par les menstrues : prendre soin de soi et se laisser accueillir dans sa vulnérabilité. Pourtant, c’était sous l’égide du bannissement, la femme étant souillée par son sang.

Cela contribue de nos jours à la notion de culpabilité de prendre soin de soi, de s’écouter et de se respecter dans sa vulnérabilité.

Le féminisme

Le féminisme est venu donner des coups de pieds dans le patriarcat. En demandant l’égalité des sexes, les femmes ont développé leur côté masculin, rejetant violemment leur vulnérabilité féminine interprétée comme une faiblesse.
La programmation des grossesses a amené la notion de contraception. La connaissance biologique du cycle a permis d’en comprendre le fonctionnement hormonal. Les contraceptifs hormonaux sont apparus maîtrisant ainsi les fluctuations mystérieuses du cycle menstruel : il devenait prévisible.
La programmation et la médicalisation des accouchements s’accompagnèrent d’une augmentation des analgésies péridurales, permettant de contrôler l’imprévisible puissance de ce passage. Ainsi les femmes n’ont pas à s’ouvrir en conscience à la rencontre de leur vulnérabilité pour mettre au monde leur enfant : leur corps le fait sous l’influence des hormones qui leurs sont injectées. Les césariennes évitant le passage dans le bassin deviennent monnaie courante.

Et aujourd’hui ?

En cherchant l’égalité la femme a retrouvé sa dignité au détriment de sa spécificité qui est sensibilité, ouverture, amour inconditionnel. Elle a fermé quelque chose en elle pour gagner. Cela se manifeste en partie par les difficultés de conception.
De la conception dépend la reproduction, donc la pérennité de l’espèce humaine. Lorsque la reproduction est touchée c’est que le comportement de l’espèce la conduit dans une impasse. Soit elle continue et s’éteint ; soit elle transforme son comportement et évolue.

Aujourd’hui, le temps de la domination est révolu. Il ne s’agit plus de savoir qui de l’homme ou de la femme est le plus fort, le plus compétent, le plus productif…. Le temps est venu de nous ouvrir à l’autre afin de cultiver notre complémentarité. Ainsi l’autre nous permettra d’harmoniser le masculin-féminin en nous et réciproquement.
De plus, nous sommes riches de tout un savoir qui a éclairé de nombreux mystères du fonctionnement du Vivant. Il nous donne la possibilité de vivre en conscience en respectant l’harmonie des lois universelles. C’est comme si, après une première ère de fusion avec l’Univers, nous nous en étions dissociés pour l’observer et le comprendre et que nous avions à le réintégrer afin d’y vivre en conscience. Ainsi nous retrouverons la reliance entre l’Homme et l’Univers qui existait à l’aube de l’humanité en la vivant en conscience.

C’est ce que je propose aux Femmes et aux Hommes de vivre au cours de mes Harmonisations des saisons.

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  • mimi 17 novembre 2015 at 0 h 11 min / Répondre

    Ce texte date, mais il suscite mon intérêt, c’est pourquoi je ne peux m’empêcher de réagir.
    Vous dites “Le sang a coulé mais ce n’était plus celui que lui offrait sa nature féminine : c’était le sang des hommes. Nous n’imaginons pas les atrocités que les femmes leur ont fait subir”.
    Je me demande donc comment ce fait-il que partout dans le monde, les seules sociétés où les gens vivent (encore) en paix et en harmonie entre eux et avec la nature sont les sociétés matriarcales (moso en chine, khasi en inde, certaines tribus amazoniennes et africaines ?). J’entend par matriarcat non pas le pouvoir des femmes et la soumission des hommes, mais un système familial et social fondé autour de l’autorité de la mère, la famille étant constituée d’une mère et de ses enfants vivant ensemble sur plusieurs générations, les hommes élevant les enfants des femmes de leur famille, et chaque membre de la famille étant libres d’avoir des relations amoureuses et sexuelles avec qui il veut puisque la famille ne repose pas sur le couple.
    L’idée selon laquelle les femmes auraient dominé et violenté les hommes durant le matriarcat expliquerait d’un point de vue “psychologique” pourquoi les hommes ont décidé de dominer les femmes, mais cela n’a pas de sens d’un point de vue anthropologique. Car tout semble au contraire indiquer que la violence a commencé a exister avec la naissance du patriarcat :
    -il y a une quasi absence d’arme de guerre avant la période patriarcale (il y a 5000 ans)
    -les sociétés qui vivent encore selon le modèle familial matriarcal vivent en paix et tous les problèmes et violence en tout genre que l’ont connait à cause du patriarcat n’existe pas chez eux :
    –il n’y a pas de capitalisme et de lutte de classe car ceci a débuté avec l’invention du mariage qui est la marchandisation des femmes pour s’approprier leurs ventre, leurs enfants, et leur corps. Dans le patriarcat les hommes les plus riches achètent(à travers la dote) les femmes les plus belles et les plus obéissantes (“de bonne famille”). La sexualité en dehors du mariage est sévèrement réprimée : les femmes qui désobéissent à cela sont éjectées de la société et vouées à se prostituer pour survivre (ce sont le plus souvent les filles mères), les hommes quand à aux les “fréquente” pour assouvir leurs besoins sexuels quand ils n’ont pas assez d’argent pour se marier ou lorsque leur femme ne leur suffit plus, ce qui “préserve” l’ordre du mariage. Il y a donc une concurrence pour la richesse pour les hommes, et pour la beauté pour les femmes car elles dépendent de leur maris d’où la volonté d’attirer le plus riches pour permettre à leurs enfants de vivre dans de meilleures condition qu’avec un homme pauvre. Alors que les sociétés matriarcales vivent en “communisme familial”.
    –il n’y a pas de viol des femmes, et des enfants, ni de violences conjugales puisque la conjugalité n’existe pas. Contrairement au patriarcat où le viol incestueux des petites filles (et parfois garçon) est monnaie courante, le viol conjugale un droit, et la violence envers les femmes une norme en vue de préserver le mariage et de garantir l’autorité du père-chef de famille (qui n’existe pas dans le matriarcat puisque ce sont les frères des femmes qui jouent le rôle de père), en s’assurant par la peur de la fidélité de la femme et de sa dépendance envers son mari.
    –enfin les guerre, les génocides et la destruction de la nature sont le propre du patriarcat car ses valeurs reposent sur la loi du plus forts, du plus riche, du plus dominant, chacun devant prouver toujours plus sa puissance dans une escalade de violence qui ne finira jamais tant que le patriarcat subsistera.
    Cela semble avoir débuté avec les invasions des indo-européens qui ont convertit de force les peuples au patriarcat (les amazones étant les résistantes armées qui luttaient contre l’envahisseur). Ainsi la majorité des génocides et crimes (dont certain sont récents) commis pour des (faux) motifs racistes ou religieux sont commis à l’encontre des peuples matriarcaux: génocides des peuples amérindiens, esclavages des africains (et racisme anti-noir), génocides des peuples autochtones d’océanie, génocide des tutsi du rwanda, racisme anti-bretons… Et la pollution accentuée par la surpopulation causé par le nombre énorme de grossesses imposées aux femmes pour donner aux hommes des fils qui porteront leur nom et étendront leur empire.
    Ne pensez-vous donc pas que le patriarcat soit plutôt dû à l’invention du mariage et de la famille nucléaire par des hommes qui ce sont rendu compte de leur rôle dans la procréation et qui ont voulu coûte que coûte assurer leur autorité parentale inversant ainsi l’ordre naturel des choses ( puisque les femmes peuvent procréer sans père reconnu puisqu’elles portent l’enfant, mais pas les hommes), et créant ainsi tout un tas de violence censée maintenir l’ordre du “père-chef de famille” ?

    • Maïtie Trélaün 17 novembre 2015 at 18 h 49 min / Répondre

      Bonjour Mimi
      Merci de votre réflexions riches et pleinement argumentées et de votre passion pour l’anthropologie.
      Il existait en Grèce dans les derniers temps du matriarcat, une tradition qui voulait que la femme qui représentait la Déesse Mère, demandait un jeune homme chaque année et que chaque année ce jeune homme disparaissait entretenant le mythe de la Mante religieuse.
      L’abus de pouvoir des femmes sur les hommes au cours du matriarcat n’a pas utilisé les armes des hommes qui effectivement n’existaient pas. C’était quelque chose de plus sournois qui passait par l’amour et donc le cœur comme si elle violait le cœur des hommes jusqu’à ce qu’ils donnent parfois leur vie pour elle.
      Si effectivement, le matriarcat avait été un système pacifique comme ceux qui existent actuellement, rien n’aurait poussé au passage du matriarcat au patriarcat. Si l’entente avait été harmonieuse dans une complémentarité et non une domination, l’homme n’aurait pas eu besoin de créer le patriarcat pour prendre sa place et exister.
      Cela n’empêche qu’effectivement des systèmes matriarcaux existent qui nous disent qu’une autre forme d’entente est possible. Ils ont su harmoniser leurs relations, ce qui n’a pas été le cas dans le reste du monde. Et effectivement, nous pouvons nous inspirer de leurs expérimentations pour ouvrir une nouvelle possibilité de vie dans la complémentarité de chacun et dans le respect du Masculin et du Féminin en chacun de nous. Pour cela il me semble important que nous puissions accueillir en nous ces mémoires douloureuses tant du matriarcat que du patriarcat. Et en même temps je conçois que ce ne soit pas des plus facile tant il est plus aisé d’écouter notre part victime que notre part bourreau.
      Je prends note de vos apports qui me permettent d’ajuster mes réflexions et d’enrichir mes connaissances.
      Merci à vous

  • mimi 18 novembre 2015 at 0 h 57 min / Répondre

    En effet, il est plus aisé d’écouter notre part victime que bourreau (surtout si l’on se sent encore victime au quotidien du patriarcat). Je me permet de vous donner un lien sur le sujet qui pourra peut-être vous intéresser :
    http://matricien.org/
    Merci à vous pour votre réponse, et pour ce site enrichissant.

  • mimi 15 novembre 2019 at 15 h 48 min / Répondre

    Bonjour,
    J’aimerais simplement vous demandez : pouvez-vous supprimer mes commentaires ?

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