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L’importance de votre prénom

Mon prénom
09 Oct 2018

L’importance de votre prénom

Par Maïtie Trélaün dans Etre femme

J’ai été tiraillée entre 2 prénoms toute ma vie sans parvenir à les accorder. C’est ce qui m’a permis de réaliser l’importance vibratoire d’un prénom, d’un surnom, d’un diminutif. Quand je me nomme je participe à ma création ; quand on me nomme, on contribue à la reconnaissance de qui je suis. Que faire des surnoms : Minou, Doudou, Domi, Ben, Juju, Mimi et autres ?

Je m’appelle Maïtie et je m’appelle Marie-Christine. C’est important pour moi de le poser aujourd’hui !

Choix et rejet de l’adolescence

Je suis née et j’ai été nommée Marie-Christine sur mon état civil alors que, d’aussi loin que je me souvienne, mes parents m’ont toujours appelée Mahiti. Seul mon père m’appelait Marie-Christine lorsqu’il me réprimandait.

Ils avaient essayé d’ajouter Mahiti en 2ème prénom, mais il avait été refusé sous prétexte que ce prénom n’existait pas.

A l’adolescence j’ai eu du mal avec le prénom Mahiti que je trouvais trop original alors que j’aspirais à être comme tout le monde. J’ai demandé  que l’on m’appelle Marie-Christine.

Au bout de quelques années, j’ai trouvé ce prénom trop froid, trop guindé, trop rigide. En fait, je n’ai jamais aimé ce prénom que je jugeais au travers du prisme de la religion. Il était lourd d’histoire et amenait immédiatement une étiquette de “petite fille modèle bien élevée” que je rejetais violemment même si j’étais une petite fille modèle bien élevée à ne pas faire de vagues.

Je suis donc revenue à Mahiti à la fin de mes années de lycée en remisant mon prénom officiel aux oubliettes.

Affirmation de mon identité

A la mort de mon père, j’avais alors 32 ans, j’ai changé l’orthographe de mon surnom pour passer de Mahiti (qu’il m’avait imposé en me laissant croire qu’il me donnait le choix  alors qu’il m’interdisait l’usage d’un tréma) à Maïtie. C’était un grand pas vers mon affirmation.

J’ai eu beaucoup de plaisir et de douceur à l’écrire ainsi. J’avais l’impression qu’il m’accueillait dans ma féminité.  Il se déposait dans mes cellules et faisait corps avec moi. J’étais fière d’être Maïtie et d’arborer ainsi mon originalité.

Comme j’avais toujours à utiliser Marie-Christine pour les documents officiels et que je voyageais beaucoup, je devais être de plus en plus vigilante lorsque je remplissais des formulaires. Donc, quelques années plus tard, j’ai fait les démarches pour officialiser mon prénom Maïtie. Je pensais que ça allait juste être plus pratique.

Ce fut très émouvant car il fallait que je prouve que c’était bien un prénom. Or il n’y a pas d’antécédents historiques, ni religieux, ni …

Je me suis tournée vers les petites filles que j’avais accueillies à leur naissance. Je savais que certains parents m’avaient demandé l’autorisation d’utiliser mon prénom comme 2ème ou 3ème prénom pour garder la mémoire de la sage-femme qui les avait accompagnés. C’est ainsi que j’ai retrouvé Clara. Elle venait d’avoir 18 ans et son extrait d’acte de naissance attestait que Maïtie était un prénom puisque c’était son 2ème prénom.

Clara m’a permis d’officialiser mon prénom Maïtie. Ce fut un grand pas pour moi. J’ai eu l’impression d’avoir enfin les pieds dans mes baskets. Je n’avais plus à cacher mon prénom initialement officiel dont j’avais honte puisqu’il était relégué en 2ème prénom. Maïtie prenait la tête avec la fierté et l’arrogance de toute l’originalité qu’il posait d’entrée de jeu.

En officialisant ce prénom et donc en réunifiant mon identité civile au nom avec lequel tout le monde m’appelait, j’ai eu la sensation d’être alignée et de pouvoir avancer avec dignité dans la vie. Cela a transformé la manière de me sentir face aux autres, de me présenter dans un groupe, d’être dans mon corps. C’était impressionnant pour moi de constater l’impact que cela avait sur tout le reste. C’était un acte lourd de conséquences et j’étais très heureuse de l’avoir fait.

Marie-Christine est resté dans ces oubliettes avec tout ce qu’il véhiculait pour moi.

Intégration de mon prénom d’origine

Il y a quelques jours, Marie-Christine est ressorti de l’ombre. Je l’ai regardé étonnée. Pour la première fois de ma vie, je pouvais m’ouvrir à lui et laisser tomber mes préjugés. Je pouvais accueillir mon histoire et faire une place à mes peurs.

Autant Maïtie m’apportait une originalité presque originelle puisque c’est un prénom avec très peu voire pas d’histoire dans l’humanité… il est vierge d’empreintes. En revanche il me relie à la Terre puisque qu’il signifie “Petite Montagne”.

Autant Marie-Christine en réunissant Marie et le Christ est chargé, voire même très lourdement chargé.

Ce jour-là, en le laissant résonner à mes oreilles, je l’ai distingué de son histoire pour percevoir ce qu’il portait et ce qu’il m’apportait.

Il m’appelait à grandir comme si Maïtie était le nom de ma Petite Fille Intérieure avec toute son espièglerie et que Marie-Christine me reconnaissait Femme avec toute sa dignité. En intégrant Marie-Christine j’avais l’impression d’intégrer toute une part de moi qui, jusqu’à présent, m’effrayait tellement elle me semblait trop grande pour moi et trop impressionnante.

Ce  prénom a deux facettes, l’une féminine et l’autre masculine. Il pose la complémentarité et l’harmonie des deux. Je suis Masculin et Féminin. Suis-je prête à en porter l’harmonie ?

En laissant résonner Marie, je suis rentrée dans une douceur infinie d’une vastitude illimitée. J’ai senti mon cœur s’ouvrir et déborder comme s’il accueillait l’humanité, toute l’humanité avec une grande simplicité et beaucoup de sagesse.

En laissant résonner Christ(ine), j’ai senti mon axe vertical m’ancrer profondément dans la Terre et profondément dans le Ciel avec une impériosité ne laissant aucun échappatoire. Il me posait en être responsable de mes pas, de mes gestes, de mon souffle, de mes mots tout en étant ouvert à la proposition de l’instant. Mon cœur pulsait et rayonnait avec une justesse tellement extrême qu’elle en était presque métallique comme le fil d’un lame. Je sentais à quel ce Masculin puissant et juste m’amenait à toucher quelque chose qui n’était pas familier pour moi.

Je sens à quel point ce prénom m’amène à ma responsabilité de Femme et d’être humain. Il m’amène au centre de moi avec sagesse et justesse tout en étant d’une bienveillance et d’un exigence impressionnantes.

Je me nomme Maïtie Marie-Christine

C’est comme si Maïtie était le prénom que mes parents ont choisi. Ils m’ont permis de me construire et de grandir avec, de trouver mes chemins. ils m’ont permis d’oser mon unicité et mon originalité sans avoir à la crier ou à la revendiquer : mon prénom la signait à chaque fois qu’il était prononcé. J’étais atypique.

Aujourd’hui j’ai grandi et je peux accueillir Marie-Christine, ce prénom qui vient de plus loin comme s’il venait de mes racines, de mon origine. Il attendait que je sois en mesure de le regarder, de l’aimer et de le porter.

C’est comme si mon couple Roi-Reine accueillait ma Petite Fille Intérieure. Les deux sont compatibles ; je n’ai pas à choisir entre l’un et l’autre : je suis les deux.

Nier Marie-Christine, c’était nier toute une part de moi qui peut-être me dépasse encore même si j’ai envie de cheminer vers elle pour voir ce qu’elle a à m’apprendre.

Je trouve un grand calme en moi lorsque je pose Maïtie Marie-Christine, un grand calme tout ému comme s’il me retrouvait enfin.

La vibration des prénoms

Je ne sais pas si c’est l’énergie ou la vibration du prénom qui reconnaît ce que nous sommes et qui, à force d’être répétée, contribue à la manière dont nous avançons dans le monde. Peu importe ce que c’est, il n’empêche que c’est. On parle du Verbe Créateur, alors le prénom, le surnom est créateur.

Comment vous faites-vous appeler ? Comment vous laissez-vous surnommer ? Où en êtes-vous avec votre prénom officiel, celui de votre origine ? Comment vous sentez-vous avec cela ?

Quel impact a sur vous le fait que votre compagnon vous appelle “mon petit ange” ou “mon chaton” ?

Comment voyez-vous votre compagnon quand vous l’appelez “mon minou” ou “ben” ou “juju” ? Est-ce l’Homme avec qui vous avez envie de partager votre vie ?

Qu’est-ce que cela vous fait de vous appeler Isa, alors que vous êtes Isabelle ? Que vous ouvre la partie cachée, tronquée, effacée ? De quoi avez-vous besoin pour l’habiter, la porter, l’intégrer dans votre manière d’être au quotidien ?

Le rituel d’ouverture à son prénom

Retrouver votre prénom, ce n’est pas simplement le reprendre et demander qu’on vous appelle ainsi. C’est vous ouvrir à tout ce qu’il apporte et ressentir tout ce que le surnom portait. Que ferez-vous de ce surnom qui vous a accompagné pendant des années ? Le foulerez-vous aux pieds avec toute la part affective qu’il contient ?

Retrouver son prénom est un passage qui se fait comme un rituel en prenant le temps, en prenant conscience, en laissant partir l’ancien, en s’ouvrant au nouveau. C’est un temps de deuil et de renaissance.

J’accompagne dans ce passage ceux qui le souhaitent. C’est un temps précieux, c’est un temps unique, c’est un temps que je compare à la naissance. Vous rentrez dans le monde dans une nouvelle matrice en changeant la manière dont vous vous appelez.

 

Étiquettes :

  • Pauline Landry 16 octobre 2018 at 13 h 08 min / Répondre

    Texte très intéressant.Merçi de partager cette expérience.
    Pauline

    • Maïtie Trélaün 16 octobre 2018 at 19 h 35 min / Répondre

      J’accueille votre présence et votre soutien avec joie. Merci à vous

  • Marie-Christine Huot 16 octobre 2018 at 14 h 25 min / Répondre

    Je m’appelle Marie-Christine
    Mes parents m’ont toujours appelée Cri-Cri …
    Il est bien vrai que porter ce prénom est lourd d’empreinte et de vivre avec est un défi journalier !! Je le trouve élégant et parfois snob … et souvent je dois le répéter où même l’abreger pour qu’on me nomme. Il est long et pas facile a prononcer pour les anglais.
    Je vis avec et votre article porte à réfléchir. Pour me réprimander où attirer mon attention mes parents le nommait au complet. Merci !

    • Maïtie Trélaün 16 octobre 2018 at 19 h 33 min / Répondre

      Bonjour Marie-Christine et bienvenue dans cet espace de mon blog. Je vous remercie de votre témoignage. Effectivement ce prénom n’est pas simple à porter et nous demande de trouver les chemins pour le porter et nom le supporter. C’est d’autant plus difficile quand il a été associé dans l’enfance à une autorité trop souvent coercitive. En partant à sa rencontre pour le porter pleinement, vous trouverez votre couple royale.
      Belle aventure à vous

  • Jane 21 octobre 2018 at 6 h 10 min / Répondre

    Bonjour Maitie,
    Merci pour ce partage,
    J’ai trois prénom 🙂 le premier me ramène à la famille, un sentiment d’appartenance au sein de ma famille terrestre, cependant lourd de responsabilité, comme la pression d’une mission assignée.
    Mon second a été le prénom pour l’extérieur, les amis, l’école, le travail… comme un démarcation claire pour garder mon identité intérieur en sécurité. Plus court, donc plus simple aussi. Plus sauvage. Il signe aussi une part de qui je suis, rebelle, sauvage, indompable….
    Le dernier reste silencieux, je ne l’ai jamais utilisé, comme une mémoire d’union entre mes deux lignées maternelles emprunt de compétition car mes parents l’ont choisit avec chacun leur vision, comme à celui qui me fait porter le plus de “mémoire” et donc de reconnaissance familiale 🙂
    je ressens depuis quelques temps la quête, ou plutôt le besoin de me choisir et d’intégrer en moi mes prénoms, ton article me sera une aide pour ouvrir cette porte,
    je t’embrasse
    Jane

    • Maïtie Trélaün 24 octobre 2018 at 11 h 56 min / Répondre

      Merci de ton témoignage très riche et empli de justesse. Comme tu l’as noté, tu es en chemin pour intégrer ces 3 prénoms et pouvoir les incarner en même temps. Cela t’amène à ta responsabilité de Femme comme tu le sens et à ton appartenance à tes racines. Belle avancée sur ce chemin vers toi.

  • sandrineF 10 décembre 2018 at 14 h 46 min / Répondre

    Bonjour Maiti,
    Je ne me suis jamais senti alignée avec mon prénom, il ne me convient pas. Je ne me sens pas en harmonie.
    Mon prénom Sandrine n’incarne pas ma personnalité. Je suis en permanence en train de me chercher car je ne me sens pas reconnue. Ce prénom ne résonne pas positivement en moi.
    Comment puis-je faire alors pour m’incarner ? Puis-je changer de prénom ?
    Merci à vous de me conseiller.

    • Maïtie Trélaün 10 décembre 2018 at 17 h 16 min / Répondre

      Bonjour Sandrine
      Merci de ton partage. Il arrive assez souvent d’être dans ton cas, en disharmonie avec son prénom. Cela a été mon cas pour le prénom Marie Christine qui m’horripilait… et comme tu as pu le voir dans mon blog, un jour, il n’y a pas si longtemps, il a pris sens à ma grande surprise. J’ai encore du mal à en tenir la puissance.
      Donc c’est important de ne pas te battre contre ce prénom, d’accepter que tu as contribué à son choix d’une manière ou d’une autre même si cela ne fait pas sens.
      Détache-toi de ce qui se dit sur ce prénom, ce sont des interprétations. Ma personnalité ne correspond pas à Marie-Christine et pourtant je me suis bien incarnée.
      C’est à toi de t’apporter tes propres signes de reconnaissance, et si, pour cela tu préfères changer de prénom… fait-le. Sache, que ce sera toujours à toi de t’apporter des signes de reconnaissance donc de te reconnaître pour qui tu es et non juste pour un prénom.

      Tu peux changer de prénom :
      – soit en gardant Sandrine officiellement, donc tu te fais appeler par les gens avec ton nouveau prénom mais tes papiers officiels restent au nom de Sandrine.
      – soit en changeant ton prénom officiel. Auquel cas il faut faire appel à un avocat et établir un dossier complet et passer devant le juge qui acceptera ou non.
      Bien à toi

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