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De l’importance de notre vulnérabilité aujourd’hui

Chrysalide pte
17 Nov 2015

De l’importance de notre vulnérabilité aujourd’hui

Par Maïtie Trélaün dans Etre femme

Je contemple la Terre et ce qu’elle nous offre en ce moment. Je cherche le sens, le sens de ce qu’il se passe. Pour quoi ? What for ? Alors que l’automne recouvre le sol de ses couleurs rouge sang de vigne vierge, pourquoi faut-il qu’un autre sang la couvre ? 

L‘automne a été d’une beauté infinie avec, en France des couleurs dignes de l’été indien canadien. Je n’avais jamais vécu cela : un automne tout en douceur comme s’il nous donnait envie de nous couler doucement dans l’hiver.

C’est bien connu que le chien attaque celui que la peur habite.

De plus, comme par magie, le printemps lui donne la main pour l’accompagner à ouvrir la voie au froid de l’hiver. Au cœur des feuilles rougeoyantes qui recouvrent la terre, des violettes, des pâquerettes montrent fièrement leur bout du nez, les crocus font de l’œil aux colchiques… C’est à peine croyable !
Les fleurs me parlent de vulnérabilité, de ma vulnérabilité de Femme. Alors que l’automne et le printemps me parlent de la puissance masculine.

Ma vulnérabilité de Femme

L’hiver nous recouvre de son manteau d’ombre et de neige et nous appelle à rentrer au cœur de nos maisons pour nous ouvrir à la douce chaleur du foyer. C’était le temps des contes d’antan qui transmettaient les traditions de générations en générations nous ramenant ainsi à la source de nos origines.

Chaque femme menstruée porte en elle un hiver qui enveloppe le premier jour de ses règles. L’énergie de cette saison l’invite à ouvrir son intime pour laisser couler au dehors ce qui n’a plus de sens, ce qui ne lui appartient pas. Elle ouvre son sexe et sa matrice de vie à la Terre nourrissant de ses menstrues (nectar hautement nourricier) celle qui l’a nourrie. Pour cela elle s’accroupie et se penche vers la Terre, ouvrant toute sa vulnérabilité à cette Terre Mère qui l’accueille inconditionnellement.
Ainsi la femme revient à sa source pour en prendre soin. Elle n’a alors aucune énergie disponible pour l’extérieur.

En s’ouvrant ainsi à sa vulnérabilité, elle découvre qu’une infinie puissance rayonnante y prend racine.
Une puissance de Vie, une puissance d’Amour, une puissance de connexion Terre-Ciel, une puissance harmonieuse. Elle sent en elle cette impressionnante connexion Esprit-Matière. Comment peut-elle incarner une telle énergie ?

Comment puis-je incarner (donc tenir dans ma chair sans l’enfermer, sans la limiter) cette puissance qui semble me dépasser et qui pourtant est mienne ? Je me sens parfois si petite pour en prendre la responsabilité. Mais n’est-ce pas pour cela que j’ai posé mes premiers pas sur la Terre ?

La poigne de mon masculin

L’éducation, la société ne nous apprend pas à écouter notre vulnérabilité. Comme nous passons en force, nous arrêter est signe de faiblesse, d’échec : on se sent méprisable.
Alors que la vulnérabilité – cette qualité qui prend soin et rayonne ce que nous avons de plus précieux, délicat – impose le respect. La vulnérabilité est belle et émouvante, elle amène à lâcher les armes.

Et pourtant, pour parvenir à la respecter aujourd’hui, je suis amenée à avoir une poigne ferme. J’ai tellement l’habitude de me faire passer après tout le reste qu’il me faut une énorme détermination pour m’amener à profiter du rayon de soleil plutôt que de finir la vaisselle… Qui sait si le soleil sera encore là dans 5 minutes ?
C’est avec une infinie patience, avec beaucoup d’indulgence et d’exigence que je reviens à moi, que j’apprends les signes de ma vulnérabilité, que j’évolue à son rythme et que je me respecte de mieux en mieux.
Mon corps m’en remercie en devenant plus souple, plus fluide. Il est habité d’une saveur de liberté que j’avais oubliée. C’est pourtant si fragile, j’ai l’impression parfois d’avoir un corps de cristal (cristal vibrant, fluide) qui étonnement peut accueillir et soutenir une puissance rayonnante colossale.
Chaque fois que je passe en force, que je passe outre ma vulnérabilité (que je m’oublie au profit des autres) c’est comme si j’arrachais des pans entiers de cette délicatesse cristalline porteuse de vie. Mon masculin alors, loin de protéger et soutenir ma vulnérabilité féminine, l’écrase et la saccage.

Et vous … comment accueillez-vous, écoutez-vous et respectez-vous votre vulnérabilité ?

Adversité et vulnérabilité

Que faire lorsque le masculin meurtrit aveuglément la jeunesse porteuse de vie ?
Ouvrir et laisser hurler ce qui vit en nous pour libérer cette puissance de notre énergie de vie qui ne peut plus se taire ni se terrer.
Pleurer si le cœur se déchire et accueillir cette tristesse qui parfois nous étouffe, laisser couler les larmes, accueillir le deuil, suivre l’énergie de la Terre et rentrer dans l’hiver en prenant dans nos bras toutes nos parts meurtries.
Rassembler les pièces de notre puzzle intérieur, ramener dans le cœur nos peurs, notre colère, nos doutes… tous ces espaces qui ont perdu confiance. Les prendre dans nos bras comme une mère rassurant ses enfants. Sentir que nous sommes, et la mère et l’enfant. Et lorsque l’enfant se calme dans nos bras, respirer ce qui circule en nous. Sentez-vous cette douceur, cette puissance harmonieuse, cette paix intérieure ? Laissez-la vous remplir et sentez comme elle vous amène à vous redresser : vous êtes Reine sur vos Terres sacrées. Savourez cela.
Nos jeunes attendent de nous que nous rayonnions cette puissance calme même au cœur du chaos.

S’ouvrir pour mettre au monde

Nous ne pouvons rayonner ainsi lorsque nous nous coupons de nous-même, de nos émotions, de nos peurs, de nos colères, ni même en nous coupant du monde comme si nous étions au-dessus de tout cela. C’est avec tout cela que nous revenons sur nos Terres, c’est riches de tout cela que nous pouvons alors nous redresser. C’est en accueillant (donc en ouvrant notre cœur) toutes les parts de nous-mêmes et en faisant la paix sur nos terres intérieures (donc en arrêtant de juger des émotions ou des comportements comme “négatifs”) que nous pourrons avancer sans rien lâcher de nous quel que soit le chaos qui nous entoure.
C’est ainsi que chacun de nous contribuera au virage que traverse actuellement l’humanité qui lui donne la possibilité de s’ouvrir à un autre niveau de conscience dans lequel l’harmonie est possible.
Nous vivons une sorte de mise au monde d’une part d’humanité. Et toute mise au monde demande des contractions parfois d’une violence inouïe. Ces contractions sont là pour guider la femme vers sa puissance et s’ouvrir à la vie nouvelle qui jaillit d’elle.
Si la femme s’enferme dans ses peurs, elle cristallise en elle un espace qui se fige et attire la violence. C’est bien connu que le chien attaque celui que la peur habite.

Pour moi, ce qui nous entoure aujourd’hui, nous invite chacun(e) à revenir sur nos Terres, à respecter notre vulnérabilité, à rayonner notre puissance et à accueillir nos peurs sans les craindre et à ne pas démissionner de nous-même.

Ce sont mes réflexions, en cette période amère qui sidère la France.

Pour aller plus loin

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  • Ode 19 novembre 2015 at 10 h 03 min / Répondre

    MERCI MERCI MERCI Je suis touchée au plus profond de mon coeur. Tendresse…

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