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Apprivoisons les plantes sauvages

de mère en fille
20 Avr 2016

Apprivoisons les plantes sauvages

Par Maïtie Trélaün dans Etre femme

Dans les grands principes d’alimentation on trouve l’expression “manger ce qui pousse quad ça pousse et là où ça pousse”. Cela nous amène à consommer les fruits et légumes de notre région… et en même temps, j’ai découvert que cela pouvait être encore plus simple tout en ayant un grand impact sur notre état d’être.

Cela me vient de ma mère

A chaque fois que nous partions nous promener, ma mère ramassait des herbes et me les racontait.

L’abondance que nous offre la vie n’a pas toujours la forme que l’on espère

J’avais ainsi une multitude de noms qui trottaient dans ma tête, des petits détails qui faisaient toute la différence, des saveurs plus ou moins agréables… Pleins d’informations qui coulaient de source pour ma mère et que j’avais toutes les peines du monde à assembler. Donc je les laissais flotter dans l’air ambiant.

Lorsque je lui demander de désherber mon jardin, nous nous retrouvions autour d’une tourte aux herbes sauvages… Les mauvaises herbes sont bien mal baptisées.
Au fil des années, j’ai réussi à assembler quelques éléments et à reconnaître quelques herbes. Il faut dire que je n’ai pas la passion de cette connaissance et pourtant…

Composer ma salade

J’aime sortir sur ma terrasse pour aller glander ce qui va faire ma salade : une poignée d’herbes sauvages agrémentées parfois de quelques fleurs.
C’est un moment hors du temps. Je n’avais pas conscience de la qualité de ce temps avant de proposer à des femmes de faire la cueillette au cours d’un stage. Elles s’affairaient à chercher et à récolter; certaines revenaient fières de leur panier bien rempli, d’autres dépitées par les quelques feuilles qui n’arrivaient pas à couvrir le fond du panier.
Ce qui était important pour moi ne se trouvaient pas dans les gestes, dans les actes, dans la récolte mais dans ce qui occupait l’espace entre mes gestes.

Sur les pas de ma Femme Sauvage

Une poignée de feuilles

Dès que je sors de chez moi, je hume le vent pour savoir dans quelle direction je vais aller. Que me dit le vent ? Je ne le sais pas avec ma tête et je ne saurai pas l’expliquer. Mais par cette action, s ntuitive qui se met en lien avec ce qui m’entoure me connecte à ce que j’appelle ma Femme Sauvage. Il me reste à ouvrir mes capteurs.
C’est un vrai plaisir que de regarder alors les plantes, de me laisser attirer par l’une d’elle, d’en percevoir les détails, d’effleurer une feuille comme pour voir si elle se donne. D’en cueillir une avec délicatesse, en plaçant mes doigts dans le sens de la feuille… Je ne savais pas qu’une feuille pouvait avoir un sens. C’est elles qui me l’ont appris. D’une manière je sens que j’arrache la feuille, de l’autre elle se détache en douceur.
Je suis à chaque fois émue par cette plante qui s’offre. Quelle leçon pour moi car je sais que je n’ouvre pas mon cœur jusque-là !
A la manière des abeilles, je butine ma récolte d’un pied de plantain à un autre en passant par la pimprenelle, le maceron, la mélisse, la roquette, les petits melons de mauve, un zeste de consoude, une once d’achillée millefeuille et d’autres encore.
Une feuille par-ci, une feuille par-là jusqu’à former une petite poignée… Je tiens un trésor dans ma main !

Une offrande de fleurs

Parfois quelques fleurs me tendent leur corolle. J’ai conscience qu’avec elle je récolte le fruit et les graines. La plante m’offre sa semence. Je veille à la justesse de cet acte car le cycle de reproduction d’une plante et parfois très long comme l’ail des ours qui fleurit tous les 7 ans.
En récoltant j’ai conscience de ce jardin sauvage et j’en prends soin pour ne pas le dénaturer.

Un bourgeon de tilleul

Pour moi la friandise sera le bourgeon de tilleul. Je le savoure sur place et j’aime son onctuosité sirupeuse. C’est une occasion à saisir qui ne se présente qu’une fois dans l’année car les bourgeons sont vifs à la transformation.

Une salade de saison

Au début je pensais que les changements de saison allaient amener automatiquement de la variété dans ma salade. J’imaginais que des plantes allaient disparaître pour que d’autres prennent leur place. Dès la première année j’ai constaté qu’il n’en était rien ! La variété va venir du choix des éléments de ma récolte, car toutes ces plantes sont présentent à toutes les saisons. Mais…

… C’est le goût qui change ! Les saveurs ne sont pas les mêmes. Et là j’ai découvert la réalité des saveurs en médecine chinoise avec la plus marquée qui est l’amertume qui s’amplifie avec l’épanouissement de l’été.

J’ai ainsi appris à repérer les changements de saison à l’évolution du goût des plantes. Et en même temps, ce goût me parlera aussi de la sécheresse, de l’ensoleillement. Ces plantes m’informent de ce qu’il se passe sur la Terre qui est sous mes pieds.

 

Les plantes et le jet lag

Je suis de plus en plus amenée à voyager de par le monde avec tout ce que cela entraîne de perturbations, de pertes de repères, de changements de dynamique. Pourtant ma vie professionnelle continue. J’ai donc des chemins à trouver pour ne pas me perdre dans tout cela et revenir à moi.
Mon corps sait très bien de quoi il a besoin. Lorsque j’arrive dans un pays, je suis curieuse de la cuisine locale, j’ai soif de découvrir les plats traditionnels, les fruits de saison, de me mêler à ce que mange les autochtones en allant dans les bouis bouis, sur les marchés.
Lorsque je rentre chez moi, l’essentiel de ma nourriture est ma salade de saison. Cela remet les pendules à l’heure dans mon corps et me ré-aligne avec ma Terre.

 

Le jardin de la ménopause

Je constate que l’après ménopause est une période de grands changements dans le corps comme dans la vie et notamment au niveau de l’alimentation. Les plantes de mon jardin me sauvent la vie ! Il en faut si peu pour me nourrir et je sens qu’elles sont riches d’une partie des éléments de base dont j’ai besoin.
Elles me ramènent à l’essentiel, à la saveur de l’instant présent, à la joie des choses simples.

Ce sont en grande partie ces plantes que l’on appelle les Simples et qui sont utilisées pour leurs vertus thérapeutiques. De mon côté, je fais confiance à ma femme sauvage pour récolter ce dont j’ai besoin et pour le reste, j’avoue que cela me simplifie vraiment la vie.

 

Les chemins surprenants de la vie

Encore faut-il avoir un jardin me direz-vous ! Lorsque je me promène en ville, je suis étonnée de voir les plantes qui poussent sur les trottoirs et dans les plates bandes, sans parler des jardins et des jardinières aux balcons des appartements. Je me souviens d’une amie qui était désolée en me montrant ses jardinières car rien ne poussait ! Elles étaient débordantes de Stellaire, une des plantes les plus riches qui existent. Elle fait dire à certains spécialistes que tant qu’il y a de la stellaire, il ne peut y avoir de famine. C’était cette richesse qui poussait dans la jardinière de mon amie. Comme quoi, l’abondance que nous offre la vie n’a pas toujours la forme que l’on espère.

Alors, si le cœur vous en dit, trouvez les personnes qui peuvent vous accompagner à reconnaître quelques plantes comestibles qui poussent sur votre Terre et jouez à en agrémenter votre quotidien. Vous donnerez de la saveur à vos saisons !

 

Pour aller plus loin

  • Maud 1 juin 2016 at 7 h 00 min / Répondre

    Merci pour cet article qui me touche beaucoup….

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