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Je suis la Femme Nomade

pélerin
24 Nov 2014

Je suis la Femme Nomade

Par Maïtie Trélaün dans Etre femme

J’ai reçu mon prénom à ma naissance et je reçois mon nom à ce passage de la Ménopause qui me permet de naître Femme en portant au monde mon enfant intérieur, mon être essentiel… celui que j’ai toujours cherché alors que je le porte en moi, dans le secret de mon intime…

Je suis une Femme Nomade… mais en fait qu’est-ce qui se cache derrière ces mots ?

Quand j’expérimentais les tours derviches accompagnée par Fawzia, elle me disait :” le pied pivot est comme la Terre : il donne une base et un axe ; l’autre est le pèlerin, il marche autour de la Terre.”
J’aime cette image. Je suis à la fois au centre et à la périphérie. Je peux être au cœur et à l’extérieur en même temps. Je sui reliée à la Terre qui tourne sous mes pas et je laisse mes pas déposer leur empreinte à la surface de la Terre.

Il dévoile ma divinité au cœur de mon humanité… et il le fait dans une simplicité discrète et joyeuse

Je suis Femme de naissance, je peux même dire, je suis Reine de naissance. Ce port de Reine était mon fardeau qui m’enfermait dans une tour de glace. Comment pouvais-je jouer en étant une Reine ? C’est à deux ans que je suis devenue un sage… Juste après j’ai choisi d’être sage-femme. Logique ! Jusqu’au jour où j’ai rencontré une Petit Prince de Légende qui m’a montré qu’une Reine n’était rien sans son enfant intérieur… sans lui, elle n’était qu’une parure, vide donc morte. J’ai alors décidé de reprendre les cartes de ma vie, de revenir au centre de ma vie et d’en être l’actrice.

Je marche …

J’ai commencé par chercher mes racines …

Quelle est ma Terre ?

Ma Terre est celle qui est sous mes pieds au moment où je les pose. Mes talons martèlent le sol en écho au rythme du cœur de la Terre, en écho au martellement de toutes les femmes qui marchent sur la Terre.
Si mes racines s’arrêtent à la surface de la Terre, je suis en lien avec les femmes qui posent leurs pieds juste autour de moi, dans ma périphérie. Si je me déplace, si je change de place, je rentre en territoire inconnu car je ne suis plus sur mes terres. Ces contrées nouvelles sont-elles accueillantes, sont-elles hostiles ? Je ne sais. J’ai l’impression alors d’être loin de mes racines, d’être une étrangère, d’être déracinée.
Alors que si mes racines plongent jusqu’au cœur de la Terre … où que je sois, je suis en lien avec ce cœur accueillant et soutenant. Je ne suis jamais une étrangère, je suis une fille de la Terre. Et même si les formes, les saveurs, les couleurs changent autour de moi, je suis en lien avec les filles de la Terre. Nous avons toutes en commun d’être Femme, de pouvoir porter et accompagner la vie, d’avoir un cycle de Femme avec ses saisons, d’avoir un cœur de Femme d’être reliée à la Lune… et si nous sommes vraiment en lien nos cycles s’accordent ! Lorsque mes racines vont au cœur de la Terre, où que j’aille je rencontre mes sœurs.

Plus j’ouvre la plante de mes pieds, plus je me laisse accueillir par la Terre, plus mes racines sont puissantes et profondes, plus la Terre me parle et me porte. Plus j’ai peur que le sol m’agresse, plus je me crispe lorsque je marche pieds-nus, plus je suis agressée. Je me souviens d’une Harmonisation d’été au cours de laquelle j’avais amené des femmes en haut de la colline. J’étais pieds nus et certaines m’avaient imitées. Lors du retour dans la nuit, je sentais les femmes pieds nus crispées. Je les ai amenées à respirer, à détendre leurs pieds, leurs chevilles, à ouvrir leur plante de pied… Elles ont constaté avec surprise que le sol était doux et les cailloux moins agressifs. En se détendant leurs pieds épousaient le sol. Ce sont des épousailles et non une bataille.

A chaque pas je dépose mon empreinte sur le sol. Ainsi, lorsque je me retourne je contemple le chemin parcouru, je vois d’où je viens : mes pas me relient à ma Terre natale. Cette Terre où je suis née, n’est que le point de départ de mon expérience terrestre. J’en porte la mémoire mais ce ne sont pas mes racines. Mes racines sont avec moi. A chaque pas mes plantes de pieds épousent le sol et mes racines pulsent au cœur de la Terre. C’est ainsi que la Terre me guide, qu’elle m’informe pour que j’oriente le pas suivant.

Mes racines de la Terre se placent dans la verticalité, elles relient le cœur de la Terre avec le cœur de mon utérus. Elles relient ces deux matrices nourricières capables, chacune, d’accueillir la vie et de lui permettre de prendre forme.

Ma vie …

Quelle est ma famille ?

Un jour j’ai réalisé que j’avais aussi des racines familiales. Je m’en étais tellement exclue que j’en avais effacé le concept. Je croyais que je pouvais me débrouiller seule, que pour être autonome il fallait que je fasse moi toute seule comme je le demandais quand j’étais petite fille.
Comme je n’étais pas en accord avec ma famille, comme je me considérais comme différente, je me suis placée très jeune en dehors d’elle. Je cherchais à faire différemment, à ma manière et pour cela je me coupais de ce qui était derrière.
Un jour, à l’automne, je contemplais les pommes qui pourrissaient au pied d’un pommier. Certaines étaient arrivées à maturité, certaines avaient nourries des oiseaux, des rongeurs, des insectes, d’autres avaient nourries des humains, d’autres n’avaient pas servi à nourrir, elles avaient apporté leur couleur, leur odeur… Tout ce qui n’avait pas été mangé jonchait le sol, au pied de l’arbre pour enrichir la Terre et nourrir ses racines pour la saison prochaine.
J’ai réalisé que ma famille était comme ces pommes, elles formaient un terreau riche et nourricier dans lequel je pouvais plonger mes racines. Chacun avait expérimenté des chemins, certains avaient aboutis à une fleur, d’autre à une impasse. Ce sont des expérimentations qui m’apportent quelque chose. Ainsi je connais (naître avec) ce qui mène à une impasse. Si je suis en lien avec ma lignée, je n’ai pas à me fracasser pour le constater.
Lorsque je regarde cette racine familiale qui est riche de l’expérimentation de chacun, je vois tous ceux qui sont vivants avec leurs prismes, leurs limites, leur spécificité, leur puissance… et il y a tout ceux qui ne sont plus de ce monde. Ces derniers veillent, me soutiennent. Ils ont une toute autre manière de voir les choses d’où ils sont. Ils ont envie que j’avance, que je passe là où ils ont capitulé… Ils attendent que je les questionne… et je me contente de les pleurer !
Je suis à la proue du bateau de ma lignée et tous m’encouragent : ils ont confiance en moi.
Lorsque j’ai réalisé cela, je suis revenue dans le fil de ma lignée… je me suis alignée. J’ai alors senti cette racine soutenante qui arrive à mon nombril et me nourrit. Ils sont tous là, derrière moi, je peux les questionner, je peux amener leurs expérimentations devant moi, dans le feu de la vie pour m’inspirer. Je peux alors choisir ma manière d’avancer dans la vie. Je suis libre de choisir mon chemin.

Au rythme …

Curieusement le rythme m’amène la constance, la reliance et le centrage. Trouver mon rythme de marche, mon rythme d’action et non pas celui que j’ai adopté par mon éducation, pour faire plaisir, pour être celle qu’on attendait que je sois… Trouver mon rythme, celui de ma vie, cette alternance contraction-expansion de mon souffle, de mon cœur, de mon évolution, de mon cycle, de mes pas. Marcher à mon pas, celui qui donne naissance à ma sensualité, à ma féminité, l’habiter pleinement, le laisser respirer, habiter la lenteur et lui donner de l’ampleur.
Accueillir dans mon rythme le vide sans chercher à remplir le temps, l’espace… Accueillir le vide, c’est laisser de l’espace en moi. Cela me permet juste de recevoir ce qui m’est offert.

Des saisons …

Les saisons de la Terre, comme celles de la femme sont la danse du Masculin et du Féminin. L’hiver avec son Féminin nous rappelle à l’interne dans le mystère des ombres ; il nous enveloppe de silence et suspend le temps, ouvrant la porte à la lenteur. C’est dans cet espace et cette suspension que germe le masculin qui s’élance vers l’extérieur emportant dans les bras le Féminin qu’il soutient pour l’amener à exposer la beauté de sa vulnérabilité. La puissance masculine est à son maximum au cœur de l’été rayonnant sa douceur féminine. C’est au tour de Féminin d’accompagner le masculin dans le domaine des ombres afin qu’il l’éclaire de sa douce chaleur.
Masculin-Féminin s’enlacent et s’entrelacent savourant l’harmonie de leur complémentarité.
Les saisons ouvrent devant moi le chemin de mon harmonie intérieure.

De mon cycle.

Le cycle qui m’anime et s’exprime chaque mois m’accompagne dans une spirale évolutive autant ascendante que descendante. Il me ramène toujours plus profond jusqu’à la source de moi-même, jusqu’à cette étincelle de vie que j’incarne dans sa nuance unique. Et plus je m’ouvre à la simplicité de ce que je suis plus je touche l’ampleur de qui je suis. Plus j’accueille d’être simplement humaine, plus je découvre la préciosité du sacré en moi.
Si tu veux toucher le ciel, accroupis-toi” dit un proverbe chinois. C’est ce que m’enseigne patiemment mon cycle, jour après jour. Il dévoile ma divinité au cœur de mon humanité… et il le fait dans une simplicité  discrète et joyeuse.

Je suis la Femme Nomade, celle qui marche sa vie au rythme des saisons de son cycle et j’accompagne les Femmes à trouver le rythme de leur marche et cesser de vagabonder dans un quotidien insensé.

Pour aller plus loin avec Maïtie suivez ses activités et aussi

 

  • Julie 24 novembre 2014 at 12 h 56 min / Répondre

    Magnifique, puissant, profond…

  • Ana 26 novembre 2014 at 23 h 49 min / Répondre

    Merci Maïtie pour ce témoignage inspirant. Ça me donne le courage de continuer à avancer sur mon chemin.

    • Maitie 27 novembre 2014 at 18 h 01 min / Répondre

      Super ! Vas-y, tu verras qu’on se croit seule… et en fait on est énormément soutenue !

  • Isame 28 novembre 2014 at 13 h 39 min / Répondre

    Merci de cette honnêteté rayonnante de vérité. J’ai beaucoup de chance de t’avoir rencontrée.
    J’en profite pour te remercier de ta lucidité qui me pose dans ma réalité de l’instant et non dans l’illusion de ma “théière spirituelle”…

  • martine wallez 21 août 2015 at 11 h 17 min / Répondre

    Bonjour Maïté. J’avais pris contact avc toi, pour le rituel des jeunes filles.
    En ces temps, approchant de mon age terrestre de 68 ans, je ressens un autre passage. Une longue vie de Femme, avec sa blessure de petite fille, un long chemin de guérison intérieure et dans les mémoires de mon corps avec celles de ma lignée. Depuis,peu, à l’aube de l’été, je me sens “entière”. Intégration, repos, bilan… Mon corps de Femme et mon Ame, m’entrainent à continuer ma marche de pélerine sur terre, femme Nomade. Je me sens Nomade. Nomade à mon rythme de femme de l’âge que j’ai. La Femme Nomade est tapie en moi depuis plusieurs mois. J’ai remercié la Maison qui m a accueillie pour cette guérison en profondeur, plongeant dans mes Ombres, avec ma Lumière. Je ne sais où est la Terre d’accueil et de Pause. Je sais aussi que la Femme Nomade se sent appelée, d’autres vallées, d’autres montagnes, d’autres forêts habitées des petits peuples, d’autres femmes ailleurs, d’autres hommes . La Femme Nomade en moi aime, écoute le Silence, avec son Coeur – ses oreilles sont faibles – aime la Solitude.. Chemin Solitaire de la Femme Nomade. Plus je suis en Solitude, plus je suis reliée. J ouvre mon Coeur pour Rencontrer l’Autre. Vous direz : un peu fou, nomade, avec la vieillesse venant..! Qui sait!!! Le hasard m a dictée : femme nomade et je viens de te lire!! Merci Maïté! C est Tout Cela.
    J ai eu le bonheur d accueillir quelques jeunes filles, au bord de la rivière avec tous les petits peuples sous un beau soleil de septembre, entourée de soeurs. Puis j ai été secouée par une des femmes. Avec joie, et ravissement, nous l entendions nous parler du chemin de pollen, d’ la tresse pour les jeunes filles, et nous a partagé en cercle ces gestes. En accord, nous avons fait la journée des jeunes filles. Quelques temps plus tard, elle nous a demandé de rendre la tresse, que elle n avait pas le droit de nous la transmettre. Moi et autres soeurs avons été choquées, profondément. Les jeunes filles vont bien. je les rencontre. Durant l’hiver, J ai longtemps réfléchi sur le Pouvoir du Sang, de la Matrice des Femmes, qui leur appartient en propre. J ai réfléchis aussi à : “tu n’as pas le droit!”. Certaines choses de l’histoire de certaines leur appartient. J ai simplement accueilli les Jeunes Filles-Graines de Femmes.
    Je continue mon Chemin, de Marcher sur la Terre.
    En Sororité Maïté, je T embrasse de tout Coeur. Martine

    • Maitie 24 août 2015 at 14 h 14 min / Répondre

      Bonjour Martine
      Je suis touchée par ton témoignage, ton ouverture, ton partage et je te remercie de cette belle authenticité que tu exprimes. Je me réjouis de savoir que des jeunes filles viennent à ton contact et reçoivent des perles de Femmes qui leur sont précieuses.
      Je me suis longtemps posé cette question de ma légitimité. Je l’ai cherché auprès de certaines personnes, mais aucune ne peut me donner l’autorisation et la reconnaissance que je suis la seule à pouvoir me servir.
      C’est en accueillant ma singularité de Femme et donc la spécificité de mes chemins que j’ai pu accueillir d’être experte de mon unicité et donc légitime à semer des graines. en revanche, je suis extrêmement vigilante à être toujours en accord avec moi-même et à repérer la justesse de mes faits et gestes. C’est parce que je repère lorsque j’agis avec mon égo que je peux avec confiance de savoir agir sans. C’est là que je suis juste. et, en même temps j’ai beaucoup de bienveillance pour les moments où je n’y suis pas, les moments où je trébuche… J’apprends à être simple et simplement moi en toute circonstance.
      J’aurai plaisir à croiser les empreintes de tes pas, belle Femme
      Bien à toi
      Maïtie

  • Le Blanc 20 novembre 2017 at 10 h 53 min / Répondre

    Merci, ces mots résonnent en moi.

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